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Liberia:»Priorité absolue» au désarmement, selon Mgr Francis (271296)
L’archevêque de Monrovia interpelle la communauté internationale
Königstein, 27décembre (APIC) Au Liberia, pays dévasté par la guerre civile, le désarmement des parties en guerre est la «priorité absolue», affirme
Mgr Michael Kpakala Francis. L’archevêque de Monrovia, de passage en Europe, a également dénoncé la ruine des consciences et l’exploitation des enfants soldats, des jeunes devenus orphelins, proie facile pour les «warlords», les «Seigneurs de la guerre» qui se disputent le contrôle du pays.
Le désarmement est la condition préalable à l’établissement d’une paix
durable et à la possibilité d’organiser des élections libres, a déclaré Mgr
Francis au siège de l’oeuvre d’entraide catholique internationale «Aide à
l’Eglise en Détresse» (AED) à Königstein, en Allemagne.
Depuis 1989, des groupes rivaux se disputent le pouvoir par les armes.
En août 1995, trois «warlords» (seigneurs de la guerre), chefs de la guerre
civile, avaient signé un accord de paix. La priorité serait donnée à un
désarmement rapide, avaient-ils convenu, et des élections sous le contrôle
des Nations-Unies auraient lieu sans tarder. Aujourd’hui, des combats isolés continuent d’entraver le processus de paix. Après Pâques, la radio catholique, de nombreuses maisons, des couvents et le séminaire ont été incendiés, pillés et détruits.
Mgr Kpakala Francis est déçu du peu d’engagement de la communauté internationale. Le désarmement complet du pays nécessiterait quelque 95 millions
de dollars, «ce qui est dépensé en un jour pour la Bosnie», relève-t-il.
Ruine matérielle, mais aussi morale
Les troubles ont causé des dégâts matériels, mais ils ont aussi ruiné
les consciences. «Beaucoup ont été témoins d’exactions et de meurtres, ce
qui en fait des abrutis», déplore Mgr Francis. Des milliers d’enfants et de
jeunes devenus orphelins sont une proie facile pour les «warlords». D’où la
priorité à donner au travail pastoral, par exemple en créant des centres où
ces jeunes traumatisés, dont beaucoup prennent des drogues, puissent être
soignés pour être réintégrés dans la vie normale.
A l’heure actuelle, il n’y a au Liberia ni poste ni radio, et seul
fonctionne le système de télécommunication que défendent et maintienent les
banques. La guerre civile a fait 150.000 morts. Un million de réfugiés se
sont éparpillés dans le pays et 700.000 autres ont gagné les pays voisins.
Monrovia, qui comptait jadis 400.000 habitants, accueille aujourd’hui près
de deux millions de personnes.
Six centres de santé fonctionnent dans la capitale sous la direction des
Soeurs de l’Immaculée Conception. Les Missionnaires de la Charité sont présentes également. Le séminaire ayant été détruit, 28 séminaristes sont actuellement en formation au Ghana, et deux à Rome. Les vocations sacerdotales ne manquent pas. L’AED soutient la formation de 30 candidats au sacerdoce de l’archidiocèse de Monrovia et un projet d’envoi de vêtements pour
les réfugiés dirigé dans la capitale par un missionnaire, le Père Garry
Jenkins.
Vie pastorale au ralenti
Les évêques des trois diocèses (Cape Palmas, Gbarnga, Monrovia) séjournent en dehors du pays. 25 prêtres sont restés à Monrovia et autant sont à
l’étranger, si bien que la vie paroissiale s’est ralentie. Les prêtres expatriés attendent pour rentrer que la sécurité soit rétablie – après un
prêtre en 1990, cinq religieuses américaines ont perdu la vie l’an dernier.
Les fidèles affluent de nouveau en nombre dans les églises, et Mgr Francis est convaincu que la reconstruction des églises et des presbytères est
une priorité, car l’accompagnement pastoral peut grandement contribuer à la
guérison du peuple. 30 % de la population du Liberia est chrétienne, 50 %
musulmane, 20 % sont adeptes des religions africaines ou des sectes. Les
relations entre chrétiens et musulmans sont généralement bonnes. (apic/cipbe)




