Lima: Un pasteur au secours des «Piranhas» (221296)

Lima, 22décembre (APIC) Les habitants de la

capitale du Pérou les appellent

«Piranhas» car ils attaquent en groupe et sont sans pitié, comme ces

poissons carnassiers de l’Amazone. Ce sont les enfants de la rue, qui

circulent en bandes, sniffent de la colle et du crack, et volent pour

survivre.

Ils sont des milliers dans les rues de Lima. Agés, pour la plupart, de 6 à

12 ans, ils dorment dans les rues et les squares, les maisons vides, et les

décharges publiques. Certains font de petits boulots, déchargent des colis

sur le marché, cirent les chaussures des passants, lavent les vitres des

voitures. D’autres mendient, se prostituent ou s’associent avec des bandes

de délinquants plus âgés.

Et pourtant, une centaine de ces jeunes filles et garc,ons ont pris

l’habitude de se réunir le lundi pour chanter les louanges de Jésus, prier

et écouter les récits bibliques que leur lisent des adultes. Cette scène se

répète le jeudi dans deux maisons qui accueillent ces enfants, à Pueblo

Libre et à Surquillo, quartiers pauvres de Lima.

C’est ce que rapporte l’Agence de nouvelles d’Amérique latine et des

Carai»bes, qui rappelle que cette action de soutien aux enfants de la rue a

commencé il y a dix ans. Le pasteur Marko Damjonovic a décidé d’approcher

les «Piranhas», avec l’aide de certains policiers chrétiens. Chaque nuit,

accompagné d’un collaborateur lai»c, Ruben Guerrero, le pasteur Damjonovic

part en «safari» dans la jungle urbaine. Il est certes difficile de vaincre

la méfiance des enfants, admet-il, mais la distribution de nourriture et

d’habits lui facilite la tâche.

Il a pu ainsi sauver deux fillettes, de 10 et 12 ans, victimes d’un homme

riche qui les emmenait la nuit sur la plage. Ce fut un premier succès.

Aujourd’hui, elles ont retrouvé une place dans la société et peut-être

oublié ce passé douloureux, espère le pasteur Damjonovic.

En 1993, plusieurs lai»cs se sont associés à cette action, aujourd’hui

appelée Adulam, et ont fait un emprunt pour acquérir les maisons. En plus

des enfants de la rue, ils rec,oivent des enfants qui leur sont confiés par

la justice et placés en surveillance chez eux. Une institution d’Etat

fournit une partie des repas.

Les enfants ainsi recueillis apprennent à faire des petits travaux manuels,

pratiquent des activités récréatives et surtout, ils sont entourés avec

amour. Pour cela, le groupe fait appel à la collaboration de médecins, de

psychologues et autres spécialistes.

Même avec des moyens limités, cette action a permis de sauver de nombreux

enfants de la rue. Le projet concerne 40 garc,ons et 20 filles. «Jésus

Christ les a revêtus de sa cuirasse pour qúils retournent dans le monde et

fassent autre chose», a conclu le pasteur Damjonovic, qui espère ouvrir 10

maisons dans différents quartiers de Lima.

23 décembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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