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Russie: Liberté religieuse en constant recul (151296)
Entraves aux activités missionnaires
Bruxelles, 15décembre (APIC) La liberté religieuse n’a cessé de se réduire
en Russie au cours des deux dernières années, et cela bien que des changements formels n’aient pas été apportés à la loi de 1990 sur la liberté de
conscience, estime «Eglisi», le service de presse de l’»Eglise du silence».
Dans sa dernière livraison, le service de presse et d’information pour
la liberté de religion et de conviction «Eglisi», en Belgique, estime que
le mouvement pourrait s’accentuer. Même si le Parlement rejette la législation «liberticide» qui lui a été soumise, dont la discussion est entrée
dans sa phase finale.
Des législations locales plus restrictives que la législation fédérale
C’est que, explique «Eglisi», «les autorités provinciales, peu sensibles
aux pressions en matière de droits de l’homme et moins visibles que le gouvernement national, ont pris l’initiative de faire entrer en vigueur leurs
propres lois et réglementations, plus restrictives que la législation fédérale».
Il n’existe pas de statistiques fiables sur le nombre des provinces qui,
ces dernières années, ont adopté des lois et des ordonnances limitant la
liberté religieuse. Aux niveaux provincial et national, les organes
gouvernementaux de la Russie doivent toutefois faire preuve de la plus
grande transparence. Or les autorités refusent parfois de publier les
textes des nouvelles réglementations, voir même d’admettre leur existence.
Sur 88 (89 si on inclut la Tchétchénie) Républiques, «oblasts» et autres
entités administratives de la fédération de Russie, 25 seraient dans cette
situation.
De sources très diverses, le «Keston Institute» (Grande-Bretagne) a obtenu les textes des nouvelles mesures restreignant la liberté religieuse
dans dix provinces différentes: les «oblasts» de Kostroma, Kurgan, Perm,
Sakhalin, Sverdlovsk, Toula, Tver, Tyumen et Yaroslav, ainsi que de la République d’Oudmourtie. Deux de ces textes en sont encore à l’état de projets, bien que très proches des huit autres qui ont été adoptés.
Les activités «missionnaires» sous contrôle
Sans exception, tous ces documents limitent davantage la liberté religieuse que le projet de loi national actuellement étudié par la Douma. Il
s’agit là de «violations flagrantes de la Constitution russe de 1993, qui
affirme la séparation de l’Eglise et de l’Etat et l’égalité de toutes les
confessions religieuses devant la loi», souligne «Eglisi», qui constate
qu’»à ce jour, la Cour Constitutionnelle a refusé de se pencher sur cette
question».
Selon «Eglisi», les lois actuellement étudiées ou adoptées par les instances gouvernementales locales de la Fédération de Russie «visent ostensiblement à contrôler les activités des missionnaires étrangers». Souvent,
les termes «missionnaires» et «activités missionnaires» y sont définis de
façon si vague qu’elles «donnent aux fonctionnaires le pouvoir de contrôler
tout le clergé de toutes les religions et même les simples croyants».
Le «Keston Institute» note encore que nombre de lois provinciales laissent aux autorités un très large pouvoir de discrétion en matière d’enregistrement d’églises qui s’engagent dans ce qu’elles considèrent comme un témoignage prophétique mais que les autorités qualifient d’»incitation à la
désobéissance aux autorités de l’Etat» ou «à la dissension religieuse».
Les critiques concernant le rôle du gouvernement russe dans la guerre de
Tchétchénie ou le désaccord avec les pratiques religieuses traditionnelles
russes, comme la vénération des icônes, pourraient tomber dans cette catégorie. Pourraient être également visés les groupes religieux qui prônent le
pacifisme ou la vie monastique, les églises qui pratiquent la dîme, des
guérisons religieuses ou encore le «parler en langues».
La tolérance envers les minorités religieuses menacée
Dans la plupart des provinces russes, l’absence d’un marché libre des
biens immobiliers se traduit par un contrôle presque total sur les bâtiments qui pourraient servir pour les offices religieux ou pour d’autres
réunions publiques, à savoir les nombreuses maisons de la culture, les gymnases et cinémas construits durant la période soviétique.
En empêchant la location de ces sites pour des offices religieux, mais
en l’autorisant pour des groupes privés – musicaux, par exemple -, les autorités de certaines provinces relèguent au rang de «citoyens de seconde
zone» les croyants appartenant à des minorités religieuses ne disposant pas
d’églises construites avant 1917.
Le «Keston Institute» note encore que si la Russie a dissout en 1990 le
Conseil pour les Affaires Religieuses (CAR) et adopté une législation interdisant la création d’organes étatiques de contrôle des Eglises, de telles entités sont aujourd’hui reconstituées au niveau provincial, souvent
avec les mêmes fonctionnaires. (apic/cip/be)




