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apic/Zaïre/Kisangani menacé de famine/Mgr Monsengwo lance un S.O.S./Urgent!

Zaïre: Mgr Monsengwo lance un «S.O.S. pour Kisangani» (101296)

Des millions de personnes menacées par la famine

Bruxelles, 10décembre (APIC) Des millions de personnes sont menacées par

la famine dans l’Est du Zaïre, affirme Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kisangani. Dans un «appel pressant aux puissants de ce monde»,

Mgr Monsengwo, l’une des personnalités les plus en vue du Zaïre, lance désespérément un «S.O.S. pour Kisangani».

De nouvelles hésitations vont être fatales aux personnes déplacées, mais

aussi aux quelques millions d’habitants de Kisangani, que menace «une famine dont personne n’imagine l’ampleur»: tel est le cri d’alarme lancé ce

lundi par Mgr Monsengwo.

Appel pressant aux puissants de ce monde

C’est en sa qualité d’archevêque de Kisangani que Mgr Monsengwo interpelle «en désespoir de cause» les «puissants de ce monde et les décideurs

politiques». Il leur reproche de laisser traîner les choses depuis plus

d’un mois et de ne pas arriver à se décider. «A grand renfort de médias,

écrit-il, l’ONU prend la résolution d’envoyer dans l’Est du Zaïre des troupes multinationales, avec une mission humanitaire impliquant la sécurisation des couloirs humanitaires et des organisations chargées de la distribution des vivres et des médicaments. Une partie seulement des réfugiés est

rentrée au Rwanda; et maintenant on veut faire croire à l’opinion publique,

contrairement aux calculs les plus élémentaires, que la mission décidée par

l’ONU est devenue inutile !»

Pour l’ancien président du «Haut Conseil de la République-Parlement de

Transition» (HCR-PT) qui devait négocier la transition démocratique au Zaïre, les hésitations des responsables des grandes puissances ont eu pour

conséquence le flux inévitable de réfugiés, de personnes déplacées et de

populations paniquées vers Kisangani ou encore leur pénétration dans la forêt équatoriale. Cette situation crée l’insécurité dans la région.

Misère et détresse, désolation et mort sont le lot quotidien

L’archevêque zaïrois ne cache pas sa grande surprise que plus personne

ne parle de ces réfugiés et de ces personnes déplacées alors que la misère

et la détresse, la désolation et la mort sont leur lot quotidien et que

«les plus vigoureux seulement ont pu ou peuvent encore continuer leur route».

Il ne fait pas de doute pour Mgr Monsengwo que les mêmes hésitations

constituent désormais un danger imminent pour les quelques millions d’habitants de Kisangani et des diocèses voisins, auxquels vont d’ajouter les

personnes en déplacement. En effet, avec la chute de Butembo-Beni et le

pillage de Bunia, greniers de Kisangani, et avec la réduction sensible du

trafic fluvial vers le chef-lieu du Haut-Zaïre, cette ville est menacée par

«une famine dont personne n’imagine l’ampleur».

C’est pourquoi, se faisant «la voix des sans voix», l’archevêque en appelle aux responsables politiques du monde et du Zaïre, afin qu’ils se décident à porter secours à Kisangani et à toutes les régions sinistrées du

pays, en y acheminant d’urgence des vivres et des médicaments. (apic/cipbe)

10 décembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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