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apic/Pays-Bas/Les évêques à la rencontre des chrétiens critiques

Pays-Bas: le cardinal Simonis rencontre la présidente du Mouvement du 8 Mai

Amersfoort, 29janvier (APIC) Douze ans après la création du «Mouvement du

8 Mai», le cardinal Simonis, archevêque d’Utrecht et président de la

conférence épiscopale des Pays-Bas, s’est assis pour la première fois à la

table de la présidente du mouvement des chrétiens critiques, Hedwig Wasser.

Le contact a été noué lors d’une rencontre de deux jours organisée dans le

cadre du «processus de dialogue» mis en route par les évêques en 1993. Un

contact «très positif», a déclaré le cardinal Simonis.

Le Mouvement du 8 Mai est né le 8 mai 1985, jour où 10’000 catholiques

«critiques» s’étaient donné rendez-vous à La Haye, en marge de la venue de

Jean-Paul II aux Pays-Bas, estimant avoir été tenus à l’écart de la visite.

Suscité pour montrer au pape «un autre visage de l’Eglise», le Mouvement

convoque depuis chaque année, aux alentours du 8 mai, un rendez-vous qui

rassemble régulièrement quelque dix mille participants.

Les évêques ont longtemps boudé la rencontre. L’initiative de nouer un

contact avec les organisateurs a été prise par Mgr Bär, ancien évêque de

Rotterdam, et par Mgr Ernst, ancien évêque de Breda. Il y a deux ans, pour

la première fois, ce sont leurs successeurs qui avaient répondu à l’invitation: Mgr van Luyn (Rotterdam) et Mgr Muskens (Breda). L’an dernier, outre

ce dernier, Mgr Möller, évêque de Groninge, était présent à la manifestation, où il a pris part à un débat sur l’éthique médicale.

Le «processus de dialogue» a été mis en route en 1993 par les évêques,

convaincus que «l’annonce de l’Evangile ne peut être crédible que si les

dissentiments dans l’Eglise sont en grande partie surmontés». Après son

contact «très positif» avec Hedwig Wasser, le cardinal Simonis a déclaré

que ce nouveau climat «était une condition importante de la discussion à

venir, où il s’agira d’approfondir les questions touchant la foi et la morale». H. Wasser a dit de son côté «avoir pleinement confiance que le débat

ultérieur avec les évêques se déroulera dans la même atmosphère». Elle a en

effet constaté que «les préjugés sont tombés» et que «les positions ne sont

pas aussi rigides qu’on veut bien le dire».

Mgr Van Luyn, évêque de Rotterdam, présenté aux Pays-Bas comme le «stratège» du dialogue, a convaincu les deux parties qu’»il n’y a entre elles

aucune divergence au sujet de la spiritualité, de l’inspiration qui naît de

la foi, de la diaconie, de l’aide au prochain». Il a par ailleurs constaté

aux Pays-Bas «une plus grande attention à Dieu et au prochain qui est dans

le besoin. Nous avons cessé de nous regarder le nombril pour porter notre

regard sur l’Autre, Dieu, et sur l’autre, au sens du prochain».

Selon Mgr Van Luyn, cela ne manquera pas d’avoir des répercussions sur

l’agenda des évêques: «Les problèmes intra-ecclésiaux ont trop longtemps

monopolisé l’attention. Les autres problèmes étaient bien présents, mais à

l’arrière-plan, et nous leur consacrions trop peu de temps.» (apic/cip/mp)

29 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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