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Bruxelles: A cinq mois du 2e rassemblement oecuménique européen (270197)

de Graz, le cardinal Vlk et le doyen anglican Arnold se rencontrent

Reçus par Jacques Santer, président de la Commision Européenne

Bruxelles, 27janvier (APIC) Deux figures de proue des Eglises d’Europe, le

cardinal Miloslav Vlk archevêque de Prague, et le doyen anglican John Arnold de Durham en Angleterre, étaient en fin de semaine dernière les hôtes

du Centre oecuménique à Bruxelles, à l’occasion de leur visite au président

de la Commission Européenne, Jacques Santer. Ils ont tous deux évoqué l’importance du deuxième rassemblement oecuménique européen qui se prépare et

qu’ils présideront du 23 au 29 juin à Graz en Autriche.

L’amitié et la connivence qui lient jusque dans l’humour les deux personnalités reçues au Centre oecuménique de Bruxelles a d’emblée frappé les

représentants des diverses Eglises qui les entouraient. Ce signe est révélateur des progrès réalisés dans le dialogue et dans le travail commun, au

cours de ces dernières années, par les membres des deux organismes que président respectivement le cardinal Vlk et le doyen Arnold: d’une part, le

Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE); d’autre part, la

Conférence des Eglises Européennes (KEK). Un progrès à ce point sensible

que le président de la KEK a pu dire, en se tournant vers son homologue

catholique : «Nous sommes déjà fiancés… !»

C’est à l’initiative de ces deux organismes qu’ont eu lieu, en 1989 à

Bâle, le premier rassemblement de l’histoire entre les représentants des

Eglises d’Europe divisées depuis la Réforme du XVIe siècle. Il avait été

précédé par une important travail de préparation et de concertation sur le

thème de la rencontre : «Justice, Paix et Sauvegarde de la Création». 8 ans

après Bâle, voici que la ville autrichienne de Graz s’apprête à accueillir

le deuxième rassemblement oecuménique européen. Comme le précédent, ce rassemblement est convoqué par le CCEE, qui regroupe les présidents de 33 Conférences épiscopales ou organisations équivalentes en Europe, et par la

KEK, dont sont membres 123 Eglises orthodoxes, protestantes, anglicanes,

vieilles catholiques et pentecôtistes.

Les Eglises et l’Europe

L’année 1989 n’a pas seulement fait date pour les Eglises. Elle a d’ores

et déjà marqué l’histoire de l’Europe puisque le rassemblement de Bâle a

précédé de quelques semaines un autre événement, alors imprévisible: la

chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme. De l’ancien régime

qu’il a subi pendant une quarantaine d’années et qui l’avait confiné comme

prêtre dans un métier de laveur de vitres, l’archevêque de Prague n’a pas

seulement gardé le souvenir d’une extrême privation de liberté. Le communisme était d’abord pour lui le régime de «la non-communication».

Où trouver la force ?

En rencontrant Jacques Santer à Bruxelles, le cardinal Vlk a évoqué avec

lui l’évolution de l’Europe. Ce fut l’occasion d’aborder avec le président

de la Commission Européenne les collaborations souhaitables des Eglises

pour progresser dans l’étude de questions essentielles: «Quel homme pour

quelle Europe? Quel sens de la vie est aujourd’hui capable de mobiliser les

efforts ou les entreprises des Européens ?» Parmi les pistes de collaboration, le rôle des universités a été mis en avant.

L’évocation de ces questions de sens n’a pas surpris Jacques Santer qui,

comme son prédécesseur Jacques Delors, a redit aux responsables des Eglises

l’importance qu’il attache à «une Europe qui ait une âme».

Le cardinal Vlk a tiré de cet échange une conviction renforcée : «Sous

le régime communiste, la force de cohésion venait de l’extérieur. Mais pour

bâtir l’Europe en rencontrant les questions qui habitent le coeur des Européens, nous avons besoin d’une force intérieure: d’une inspiration!»

«Fiancailles prometteuses»

Revenant aux «fiançailles» prometteuses entre le CCEE et la KEK, John

Arnold souligne: «La plénitude de l’oecuménisme nous est chère!». Or, ditil, la réunification de l’Allemagne et l’ouverture entre l’Est et l’Ouest

le montrent suffisamment: l’Europe ne progressera pas sans progrès dans

l’oecuménisme; de même, les relations entre Eglises ne deviendront «panoecuméniques» que dans la mesure où les chrétiens sauront travailler à la

construction d’une citoyenneté «paneuropéenne». C’est pourquoi, insiste le

président de la KEK, la coopération entre les Eglises catholiques et les

autres Eglises chrétiennes a une telle importante. Il est d’ailleurs heureux, observe-t-il avec humour, que les unes représentent «à peu près la

moitié» des chrétiens européens, et les autres, «la bonne moitié».

Une étape de réconciliation

Au cours des ses visites en Europe en compagnie su cardinal Vlk, le doyen Arnold a observé partout que des liens d’amitié se développent. Il s’en

réjouit, mais il précise : «En vue de Graz, il est important que tous veuillent faire avancer la cause de la paix et de la justice. Mais plus important encore est le défi de la réconciliation. Or, la réconciliation mise en

avant par les Eglises ne se réduit pas à une affaire sociale. Comme l’affirme le thème du rassemblement de Graz, la réconciliation est un don de

Dieu. Sous cet angle théologique, les Eglises ont une contribution spécifique à apporter à l’unité de l’Europe.»

John Arnold n’entend pas idéaliser cet apport des Eglises. Au contraire,

leur contribution à la «citoyenneté européenne» sera d’autant plus précieuse, laisse-t-il entendre, que les Eglises auront fait elles-mêmes l’expérience des difficultés de «vivre ensemble» et qu’elles pourront manifester,

dans leur capacité de vaincre ces difficultés, d’où elles tirent «l’impulsion» ou «l’inspiration» qui les rend plus proches.

Bref, le rassemblement de Graz ne sera pas le terme du voyage. C’est

seulement «une étape sur la route», souligne le doyen Arnold. A cette étape, quelque 700 délégués, 350 pour chacun des organismes invitants, seront

les représentants officiels des Eglises. Mais si l’on n’en a encore aucune

idée précise à l’heure actuelle, on prévoit qu’au moins 10’000 chrétiens se

retrouveront à Graz pour ce deuxième rassemblement oecuménique européen.

(apic/cip/ba)

27 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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