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Belgique: «L’Oeuvre» et le livre de Rik Devillé: (190197)
«Un tissu d’incohérences qui ne résiste pas aux faits»
Bruxelles, 19janvier (APIC) Le livre de Rik Devillé récemment traduit en
français, «L’Oeuvre, une secte catholique», a fait l’objet dès sa version
originale, d’une lecture critique au sein de l’organisation visée. L’»Oeuvre» réfute en bloc les accusations de dérive sectaire.
Ses conclusions rejoignent les précisions apportées le 26 novembre dernier devant la Commission parlementaire belge par Julien Ries, professeur
émérite de l’Université catholique de Louvain, spécialiste de l’histoire
des religions et des sectes, et prêtre associé de l’Oeuvre depuis 36 ans.
Le groupe de lecteurs formé de membres et de sympathisants de l’Oeuvre
précise d’abord que celle-ci est reconnue comme «association pieuse» par
les évêques d’une vingtaine de diocèses, dont ceux de Tournai, Namur et
Hasselt en Belgique, de Roermond aux Pays-Bas, de Bordeaux et Strasbourg en
France, de Birmingham en Angleterre, de Munich en Allemagne, de Feldkirch
et Vienne en Autriche, de Budapest en Hongrie. S’y ajoute le patriarcat latin de Jérusalem et le diocèse même de Rome, où l’Oeuvre dispose désormais
pour ses futurs prêtres, d’un Séminaire, le «Collegium Paulinum», placé
sous la direction du cardinal Ruini. Le nombre des deux cents membres de
l’Oeuvre n’est pas contesté.
L’organisation est gouvernée à la manière d’un Institut religieux, par
un Conseil international, présidé par l’Autrichienne Mikle Strolz, sociologue de formation, entourée notamment de Mgr Philip Boyce, évêque de Raphoe
(Irlande), et de l’abbé van Galen, doyen de Heerlen aux Pays-Bas. La maison
centrale de l’Oeuvre se trouve à Bergenz, dans le diocèse de Feldkirch en
Autriche.
Un «schéma simpliste»
La lecture du livre a fortement surpris le groupe par son «schéma simpliste». Selon le professeur J. Ries, ce schéma s’apparente aux modèles «antisecte» ou «anti-Eglise» qu’ont dénoncé entre autres Massimo Introvigne,
directeur d’un Centre sur les sectes et les nouveaux mouvements religieux,
à Turin et son homologue allemand de Fribourg-en-Brisgau, Hans Gasper. Pour
ces deux spécialistes, le même schéma se retrouve dans divers livres hostiles tant au Renouveau Charismatique qu’à l’Opus Dei ou au Vatican. Il conduit à écrire des «ouvrages à thèse», où les informations semblent n’avoir
été rassemblées que pour conforter un réquisitoire gravitant d’avance autour du non respect des droits de l’homme, du lavage de cerveau, de la déstabilisation des personnes, de pratiques totalitaires et de dérives sexuelles.
Le professeur Ries, pour sa part, estime que l’extension de ce schéma à
divers ouvrages reflète une action organisée contre les nouveaux mouvements
religieux ou contre l’Eglise catholique. «L’existence d’un réseau organisé
et hostile à l’Eglise catholique ne fait pour moi aucun doute», a-t-il confié à l’agence CIP.
Des faits réfutés
L’auteur de l’ouvrage s’est ainsi bien gardé de rapporter les témoignages favorables donnés devant la Commission parlementaire belge sur les sectes. Plusieurs témoins, dont le professeur Ries, ont fait valoir des pièces
établissant que les maisons dont l’Oeuvre dispose dans différents pays et
la bibliothèque qu’on lui conteste en Angleterre n’avaient pas été accaparées. Face aux dénonciations de carences d’assurances sociales, une membre
de l’Oeuvre, qui avait souffert de brûlures, a également apporté devant la
Commission le témoignage de sa guérison.
Des témoins ont encore dénoncé comme «fantaisistes» divers soupçons
portés sur la personnalité de la fondatrice, sur les «contrats secrets» qui
relieraient de manière indue Mère Julia Verhaeghe à chacun des membres, ou
sur les stratégies mises en place pour que ceux-ci soient «coupés
totalement du monde», y compris de leurs familles. Différentes pièces ont
été fournies à la Commission pour faire état, notamment, de l’existence de
journaux, de postes de radio et de télévision dans les maisons de l’Oeuvre,
et des visites que les familles peuvent y effectuer.
Une étrange «conclusion»
La «conclusion» que le livre de Rik Devillé impute à la Commission parlementaire a paru finalement «étrange» aux lecteurs de l’Oeuvre. Cette conclusion, remarque le professeur Ries, résume plutôt le premier avis exprimé
par un des commissaires, Serge Moureaux : «Il s’agit de faits très graves.
Dépersonnalisation et infantilisation des membres, mais aussi viol du secret de la correspondance, travail au noir, abus de pouvoir sur des membres
en période de faiblesse pour hospitalisation afin de leur extorquer leurs
biens et héritages, trafics internationaux de monnaies, corruption de responsables religieux.»
«En réalité, s’insurge Julien Ries, après l’audition de mon témoignage
et de quelques autres qui allaient dans le sens contraire des dénonciations, la Commission parlementaire a été réellement ébranlée.» Il ajoute :
«Quant aux pièces transmises au Parquet général de Bruxelles, elles ne se
limitent nullement aux témoignages accusateurs. Il s’agit aussi des différentes pièces qui ont provoqué la stupéfaction de la Commission, quand elle
s’est rendu compte que les accusations lancées contre l’Oeuvre étaient contredites par divers faits et documents.» (apic/cip/mp)




