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apic/Marie / groupe des Dombes

Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens

Paris: «Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints»

Le Groupe des Dombes publie cinq ans de dialogue oecuménique (150197)

Paris, 15janvier (APIC) En publiant le résultat de cinq ans de dialogue

oecuménique sur la Vierge Marie, le Groupe des Dombes fait vraiment une

oeuvre de pionnier. Le premier tome de «Marie dans le dessein de Dieu et la

communion des saints» fera certainement date dans la discussion entre catholiques et protestants. Le jésuite Bernard Sesboué, rédacteur principal,

et le pasteur Michel Leplay, rédacteur, en ont présenté les principaux enjeux devant les journalistes de l’information religieuse à Paris.

Le tome premier, intitulé «Marie dans l’histoire et l’Ecriture», est

divisé en deux parties: «Les leçons de l’histoire» et «Le témoignage de

l’Ecriture et la confession de la foi». «Chacun lit l’Ecriture à partir de

ses présupposés ecclésiaux, relève le Père Bernard Sesboué. C’est pourquoi

il était important de revenir à l’histoire de Marie de l’Eglise ancienne au

XXe siècle. Marie est d’abord pésentée comme créature, femme et fille

d’Israël, puis comme mère de Jésus et enfin dans la communion des saints.

Le livre est dense, relève de son côté le pasteur Leplay. Il est le résultat de cinq ans de travail et de réflexion au sein du Groupe des Dombes.

«Nous avons pris un risque face à des questions ardues. La difficulté tient

aussi à ce que nous n’avions rien de comparable sur quoi nous appuyer,

c’est véritablement une première oecuménique.

Le deuxième tome, à paraître au début 1998, abordera les questions plus

controversées de la coopération de Marie au salut, de sa virginité perpétuelle, des éventuels frères et soeurs de Jésus, et des dogmes catholiques de

l’Immaculée Conception et de l’Assomption.

Les protestants accordent de l’importance à Marie

«Contrairement à ce qui été longtemps répété aux catholiques, les

protestants accordent beaucoup d’intérêt à Marie, remarque Bernard Sesboué

La mariologie n’a pas été un facteur de séparation au XVIe siècle. Pour

preuve le commentaire du magnificat de Luther. Calvin lui-même admirait en

Marie l’oeuvre du Saint-Esprit.

Le pasteur Leplay signale de son coté deux «sauts qualitatifs» dans le

culte marial. Le premier remonte au IVe siècle à saint Ambroise de Milan

qui dans le canon de la messe met au premier rang de tous les saints la

«bienheureuse Marie toujours vierge, mère de notre Dieu et Seigneur

Jésus-Christ.» Cette doctrine de Marie mère de Dieu sera confirmée au

concile d’Ephèse en 431. Le deuxième saut qualitiatif est celui des dogmes

mariaux de l’Immaculée Conception et de l’Assomption définis solenellement

aux XIXe et XXe siècle. Aux yeux des protestants, deux réactions sont à

signaler: Vatican II avec l’insertion de Marie non pas dans la christologie

mais dans la doctrine de l’Eglise et l’encyclique de Jean Paul II sur la

«Mère du Rédempteur» en 1987. «Marie reprendra place chez les protestants

si elle est remise à sa place chez les catholiques. Il y a là une dimension

de conversion réciproque et de découverte des richesses communes et non pas

un quelquonque marchandage», souligne Michel Leplay.

Non à la pseudo-divinisation de Marie

La pseudo-divinisation de la Vierge est une tendance catholique dangereuse, reconnaît le Père Sesboué. Il ne faut pas porter ombrage à l’unique

rédemption du Christ. C’est une pédagogie difficile mais nécessaire. Il

faut évangéliser la mariologie pour qu’elle soit une vraie christologie.

Des lieux de pèlerinages mariaux comme Lourdes ou La Salette ont compris

cette nécessité. Il faudrait par exemple changer certains cantiques catholiques: ainsi dire que la Vierge «nous pardonne» est faux du point de vue

de la doctrine.

Pour les protestants, la question des appartions mariales reste très

controversée. «Le risque est qu’à partir d’une subjectivité sincère (celle

des voyants) on construise une objectivité universelle. J’ai un grand respect pour les témoins de ces apparitions, même s’ils me font penser aux

propos de Marx: la religion est l’expression de la misère des gens», note

Michel Leplay. L’Eglise n’a jamais considéré les apparitions comme des objets de foi, rappelle de son côté le jésuite. De plus les «médiateurs» humains de la Vierge parlent le langage de leur milieu et de leur époque.

Tant le Père Sesboué que Michel Leplay espèrent une réception favorable

du côté de leur autorités ecclésiales réciproques. Le travail du Groupe des

Dombes a toujours suscité un grand intérêt en particulier auprès des foyers

mixtes. (apic/jcn/mp)

Groupe des Dombes: «Marie dans le dessein de Dieu et la communion des

saints», tome I, Paris, 1997, Bayard/Le Centurion

Encadré

Le Groupe des Dombes

Le Groupe des Dombes est formé de théologiens catholiques et protestants se

retrouvant périodiquement à la Trappe des Dombes, dans l’Ain. Ces rencontres n’ont pas de caractère officiel et n’engagent que les théologiens euxmêmes. Ce caractère non-officiel, mais public, permet cependant une liberté

plus grande et une progression moins difficile dans le dialogue. Fondé en

1937 par l’abbé Paul Couturier, pionnier de l’oecuménisme en France, le

Groupe des Dombes a publié de nombreux documents qui ont souvent servi de

base au dialogue théologique officiel. Les orthodoxes y participent de manière ponctuelle. Il n’ont malheureusment pas été associés à ce travail,

regrette le Père Sesboué. (apic/theo/mp)

15 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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