la décision finale concernant son adhésion au COE
Moscou:L’Eglise orthodoxe russe décide de reporter (250297)
Moscou, 25février(APIC) Le Conseil des évêques de l’Eglise orthodoxe russe a décidé que celle-ci devrait, pour le moment, rester membre du Conseil
oecuménique des Eglises (COE) à Genève, en dépit des fortes pressions exercées par une faction isolationniste qui veut que l’Eglise russe adopte un
statut d’observateur.
Lors de sa réunion – qui s’est tenue du 18 février au 23 février à Moscou – le Conseil a décidé qu’il fallait attendre le résultat de discussions
avec les autres Eglises sur les relations avec les Eglises non orthodoxes
avant de prendre une décision finale concernant l’adhésion au COE et à
d’autres organismes d’Eglises internationaux.
Le Conseil des évêques de l’Eglise orthodoxe russe se réunit environ
tous les deux ans. Il est la plus haute autorité de l’Eglise entre les réunions du Conseil local. Ses décisions sont obligatoires et ne peuvent être
amendées ou abrogées que par le Conseil local, l’organe suprême de l’Eglise
– qui comprend tous les évêques et aussi des délégués élus – membres du
clergé et laïcs.
«Le terme «oecuménismé est devenu aujourd’hui une sorte de «gros mot’ dans
notre communauté chrétienne», a souligné le métropolite Philaret de Minsk
et Slutsk, président de la commission théologique de l’Eglise qui a
néanmoins présenté une longue défense des relations oecuméniques dans son
rapport au Conseil.
«Nous ne pouvons prendre de décisions aussi révolutionnaires, qui diffèrent
de la position d’autres Eglises orthodoxes, avec qui nous sommes en
communion et liés par des obligations», a lancé le métropolite.
L’Eglise orthodoxe russe est l’une des plus grandes Eglises du COE, qui
compte 330 Eglises membres – anglicanes, protestantes et orthodoxes. Toute
décision de l’Eglise de changer son statut de membre du COE aurait porté un
coup sévère à l’organisation, qui célébrera son 50e anniversaire l’an
prochain.
L’issue du débat sur l’adhésion au COE est considérée par certains
observateurs de Moscou comme une victoire pour le primat de l’Eglise, le
patriarche Alexis II, et son Saint Synode, de tendance centriste, contre
ceux qui désiraient une cessation immédiate du statut de membre à part
entière de l’Eglise auprès du COE.
Néanmoins, le Conseil a vivement critiqué certains aspects du mouvement
oecuménique contemporain, déclarant qúil existait, parmi les croyants
orthodoxes, une certaine «confusion» à cause des «liturgies oecuméniques»
et des «nouvelles tendances dans la théologie et pratique du protestantisme
occidental», comme l’ordination du clergé féminin, l’utilisation du
«langage inclusif» dans les traductions de la Bible, et la «reconsidération
des normes morales du Nouveau Testament concernant les relations entre les
sexes».
Dans une décision séparée, le Conseil a aussi excommunié Gleb Yakunin,
ancien prêtre dissident et ancien membre de la Douma (parlement) ainsi que
Philaret Denisenko, chef d’une Eglise orthodoxe dissidente d’Ukraine dite
Patriarcat de Kiev. Une autre question – la canonisation du dernier tsar de
Russie, Nicolas II, et de sa famille, a fait l’objet d’un débat ardu
provoqué par un certain nombre d’évêques très conservateurs. Le Conseil a
finalement décidé de reporter la décision finale, qui sera prise par le
Conseil local. Aucune date n’a été précisée, mais certaines informations
laissent supposer que la réunion du Conseil local aura lieu au cours des
trois prochaines années.
Une autre question délicate débattue par le Conseil a été celle des
«activités économiques» de l’Eglise après les critiques virulentes de la
presse contre l’implication de l’Eglise dans des activités commerciales
lucratives, comme la vente de tabac et d’alcool, importés hors taxes dans
le cadre de l’aide humanitaire.
Le métropolite Kirill, qui dirige le département des relations extérieures
de l’Eglise, et dont le nom avait été cité par la presse dans le cadre de
cette affaire, a démenti énergiquement toute implication dans ces
activités. Il reste à son poste, même si certains observateurs pensent qúil
pourrait être obligé de démissionner. (676 mots)
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