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apic/Théologie de la libération/Féminisme/Gutierrez dans le collimateur
Etats-Unis:Critiques féministes contre le P. Gustavo Gutierrez (100297)
Incompatibilité entre théologie de la libération et féminisme?
Lima, 10février(APIC) Le célèbre théologien péruvien Gustavo Gutierrez,
qui passe pour le «père de la théologie de la libération», est en butte aux
critiques de théologiennes féministes. Le Père Gutierrez est accusé – parce
qu’il voudrait éviter d’effrayer les milieux «conservateurs catholiques» de ne pas aborder de nouveaux domaines comme le féminisme, la sexualité,
l’environnement, le protestantisme ou les religions autochtones.
Il y aurait ainsi une certaine incompatibilité entre théologie de la libération et féminisme, au vu des divergences entre deux théologiens connus
– l’un d’Amérique latine, et l’autre d’Amérique du Nord. L’une des fondatrices de la théologie féministe, Rosemary Radford Ruether, professeur au
Séminaire de théologie de Garrett à Evanston, dans l’Illinois, déplore en
effet la distance qu’établit le Père Gutierrez entre mouvements féministes
et théologie de la libération. Ces critiques ont été publiées aux EtatsUnis dans le National Catholic Reporter.
Le féminisme ignore-t-il la réalité des pauvres?
Selon Rosemary Ruether, Gustavo Gutierrez affirme que le féminisme s’est
éloigné de la réalité latino-américaine et de la préoccupation fondamentale
pour les pauvres. Elle ajoute que Gustavo Gutierrez et les membres de
l’Institut catholique Bartolomé de Las Casas, de Lima «n’ont guère coopéré
avec les protestants du pays», en dépit du soutien apporté par les protestants à la théologie de la libération.
Selon l’Agence de nouvelles d’Amérique latine et des Caraïbes (ALC), Rosemary Ruether estime que Gustavo Gutierrez ne considère pas la spiritualité dans une perspective autochtone. Elle trouve «très surprenant» que celui-ci continue de parler des autochtones d’un point de vue catholique espagnol, ignorant le fait que les peuples autochtones du Pérou ont aujourd’hui leur propre voix.
La théologienne féministe américaine soutient que l’attitude de Gustavo
Gutierrez s’explique par son désir de garder la théologie de la libération
dans le cadre du catholicisme institutionnel, au lieu de s’aventurer dans
de nouveaux domaines, comme le féminisme, la sexualité, la reproduction,
l’environnement, le protestantisme, les religions autochtones, «ce que
n’apprécient pas les conservateurs catholiques».
Rosemary Ruether reconnaît que Gustavo Gutierrez mérite d’être reconnu
comme le fondateur d’un mouvement qui a rattaché la théologie à la justice
sociale. Mais il est triste, déplore-t-elle, de le voir s’incliner devant
la domination «absolue» d’une Eglise de droite. Elle affirme pour sa part
que l’avenir appartient à ceux qui sauront inclure les questions qui
concernent, entre autres, le rôle des femmes et des hommes, l’écologie,
l’oecuménisme et la spiritualité autochtone. (apic/eni/be)




