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apic/Netanyahou/Audience/Jean Paul II/Processus de paix/Statut de Jérusalem

Vatican:Le premier ministre israélien Netanyahou(030297)

reçu pour la première fois en audience par le pape

Le processus de paix et le statut des chrétiens au centre des entretiens

Rome, 3février(APIC) Le processus de paix au Proche-Orient et la position

juridique des catholiques en Israël ont été lundi au centre de la première

rencontre officielle entre le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou et le pape Jean-Paul II. L’entretien d’une vingtaines de minutes, qui

s’est tenu au Vatican, s’est déroulé dans une «atmosphère cordiale». Netanyahou a profité de l’occasion pour renouveler l’invitation du pape à Jérusalem. Officiellement, la question épineuse du statut de la ville sainte

n’a pas été abordée.

C’est dans un grand déploiement de mesures de sécurité que Netanyahou

est arrivé à Rome lundi en fin de matinée, où son avion a atterri avec une

heure de retard à l’aérodrome militaire de Ciampino. Le premier ministre

israélien, qui se trouvait dimanche au sommet de Davos, en Suisse, a été

retardé par de mauvaises conditions météorologiques. Modifiant son programme, il s’est immédiatement rendu au Vatican, où il est arrivé peu après

12h.

Le Vatican suit «avec une attention très particulière», indique le communiqué officiel publié à l’issue de la rencontre, le déroulement des négociations qui ont suivi l’accord de Madrid en 1991 pour la paix au ProcheOrient. Ainsi, outre la convivialité entre Israéliens et Palestiens, le Vatican suit plus particulièrement deux dossiers: le premier touche au statut

même de la ville de Jérusalem; le second concerne le statut des catholiques

en Israël.

La question du statut de Jérusalem évitée?

De fait, lundi, la question de Jérusalem, trop délicate pour le moment,

semble avoir été évitée par les deux personnalités. En effet, le communiqué

officiel de la rencontre n’en fait aucune mention. La position du Vatican à

ce sujet est effectivement très éloignée de la position actuelle du gouvernement Netanyahou. Le Vatican soutient en effet la création d’une zone, en

fait la vieille ville de Jérusalem, dont le statut devrait être internationalement garanti, en raison de son appartenance morale aux trois grandes

religions monothéistes.

Bientôt un accord sur le statut des catholiques de Terre Sainte

Le second sujet d’attention du Vatican à propos d’Israël est la

situation concrète des catholiques, essentiellement des Palestiniens, et

des pasteurs dans ce pays. Interviewé sur Radio Vatican, ce lundi, Mgr

Cordero Lanza di Montezemolo, représentant du Saint-Siège en Israël, a fait

part d’un accord écrit à ce sujet, «prêt à être signé», définissant le

statut juridique du personnel de l’Eglise, des biens qu’elle possède et des

fidèles catholiques en Israël.

Il semble bien, sur ce second point, que la rencontre entre Jean-Paul II

et le premier ministre israélien ait marqué un progrès. Le communiqué final

en parle explicitement et indique à ce propos que l’hôte du pape «a donné

des assurances sur sa volonté de continuer le chemin ouvert en 1992 par la

gouvernement de Shamir, puis par les premiers ministres Rabin et Peres».

La discrétion du jour, sur la question de la ville de Jérusalem, signifie-t-elle, que le Vatican abandonnerait la partie sur ce dossier? Certainement pas.Les interventions depuis un an, de différents responsables catholiques sur le sujet, Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem ou

de Mgr Martino, représentant du Vatican à l’ONU, indiquent le contraire.

Simplement, le Vatican a dû inverser ses priorités en négociant d’abord un

statut pour les catholiques en Israël, pour revenir plus tard sur le statut

de la ville elle-même.

Visite du pape en Terre Sainte

Une ville que le pape souhaite visiter. Comme ses prédécesseurs,

Benjamin Netanyahou a une nouvelle fois invité le pape à se rendre en

Israël. «Espérons, a répondu ce dernier le 3 février, spécialement après

cette rencontre.» Le Vatican prépare, dans le cadre des célébrations du

Jubilé de l’an 2000, une grande tournée du pape en Terre Sainte, avec

plusieurs étapes en Israël.

C’est la première visite à Rome du premier ministre Benjamin Netanyahou.

Elle s’inscrit dans une courte tournée européenne qui l’a conduit tout

d’abord à Davos, en Suisse, le 2 février, pour le sommet annuel des responsables économiques de la planète. Après la visite au pape, le premier

ministre israélien devait rencontrer des personnalités politiques italiennes.

Le Vatican et l’Etat d’Israël entretiennent des relations diplomatiques

depuis le 15 juin 1994. A cette date, le pape a reçu quatre fois un premier

ministre israélien. Le 19 décembre dernier, il recevait pour la cinquième

fois personnellement Yasser Arafat, président de l’Autorité Palestinienne.

(apic/jmg/be)

Encadré

La souveraineté israélien sur Jérusalem pas négociable

Pour l’Etat d’Israël, la souveraineté israélienne sur Jérusalem n’est pas

négociable. Le nouveau gouvernement israélien – plus encore que ses prédécesseurs -, n’est pas du tout disposé à discuter du statut de la ville de

Jérusalem. Interviewé la semaine dernière par le quotidien italien «Il Messagero», Benjamin Netanyahou a précisé à propos de son entretien avec le

pape: «Je voudrais expliquer au Souverain Pontife notre projet de paix,

écouter son opinion et entendre ses idées. Je voudrais aussi lui décrire

mes projets pour Jérusalem et lui rappeler que la seule période pendant laquelle les lieux saints ont été libres d’accès depuis 2000 ans, c’est de

1967 à aujourd’hui. Jérusalem doit rester unie».

«Nous sommes prêts à fournir des garanties pour les chrétiens et les musulmans, mais nous n’entendons pas discuter de la souveraineté politique,

a-t-il souligné. Je ne parlerai pas de statut international sinon pour formaliser ce qui existe déjà aujourd’hui.» (apic/jmg/be)

Encadré

Satisfaction palestinienne

Le diplomate palestinien Afif Safieh, représentant permanent de l’OLP auprès du Saint-Siège, joint ce lundi par l’agence APIC à Londres, où il réside, a ainsi commenté la rencontre entre le pape et le premier ministre

israélien: «Pour nous, la position du Vatican est extrêmement importante et

encourageante, elle est conforme à notre vision. Comme l’a dit le pape à

plusieurs reprises, le futur de la paix à Jérusalem suppose une solution

équitable. Le Vatican a d’ailleurs réitéré à plusieurs reprises la position

selon laquelle Jérusalem-Est fait partie des territoires occupés en 1967

sur lesquelle s’applique la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU,

à savoir le nécessaire retrait israélien.»

Pour nous, a-t-il poursuivi, le Saint Père reste une autorité morale

d’une envergure universelle. «Je suis sûr que M. Netanyahou a entendu des

paroles d’une sagesse qui seront loin de le laisser insensible. Le Vatican

pense que Jérusalem est trop importante pour qu’une seule partie y soit hégémonique.» (apic/jmg/be)

3 février 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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