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Tahiti: 200 ans de christianisme en Polynésie française (090397)
Le 5 mars 1797 débarquaient les premiers missionnaires anglais
Tahiti, 9mars(APIC) Plus de 10 000 personnes ont célébré le 5 mars dans
le grand stade de Tahiti le 200e anniversaire de l’arrivée de l’Evangile en
Polynésie. A Tahiti, des bannières portant les mots «Dieu est amour», en
tahitien, en français et en anglais, flottent dans les rues. Ces mots tirés
de la première épître de Jean rappellent le souvenir du premier service
chrétien célébré sur le pont du bateau «The Duff» qui toucha terre le 5
mars 1797 avec à son bord 18 missionnaires anglais.
Aujourd’hui, le christianisme fait partie intégrante de la vie de la Polynésie française. Le 5 mars est resté jour de fête légale. Sur une population de 210’000 habitants, environ 43% sont membres de l’Eglise évangélique
de Polynésie française; 35% sont catholiques, 8% adventistes du septième
jour, et 7% mormons.
Les missionnaires venus avec la tempête
Le 3 mars 1797, l’île de Tahiti fut secouée par de faibles tremblements
de terre et une violente tempête, terrorisant les habitants qui y virent
les signes annonciateurs d’une grande catastrophe. Le lendemain, «The Duff»
arrivait dans la baie de Matavai, après un voyage de six mois, avec à son
bord, 18 missionnaires anglais, les premiers missionnaires à venir dans
l’île. Selon le récit de Teuira Henry, petite-fille de l’un de ces missionnaires, les Tahitiens établirent un lien entre le déchaînement des éléments
et l’arrivée du bateau: «Le tremblement de terre fit un grand effet sur
l’esprit des Tahitiens et détermina leur attitude à l’égard des missionnaires.»
Leur comportement ne fut cependant pas hostile envers les nouveaux arrivants. Après que le bateau eut jeté l’ancre, écrivit l’historien australien
Robert Langdon, «plus de 100 Tahitiens sont montés sur le pont; ils dansaient et gambadaient en criant tayo, tayo (ami) et quelques mots en mauvais
anglais. Ils ne portaient pas d’armes, mais le capitaine Wilson, craignant
un mauvais tour, demanda que l’on mît les canons hors de portée pour les
tenir en respect. Cela n’intimida pas pourtant les Tahitiens qui aidèrent
gaiement à les ranger.»
Les 18 missionnaires, membres de la London Missionary Society (LMS)
n’étaient certes pas les premiers Européens à débarquer dans ces îles. Dès
le 16e siècle, des explorateurs européens connaissaient l’existence de
certaines îles des mers du Sud. Mais les premiers à visiter Tahiti ont été
l’Anglais Samuel Wallis en 1767, puis le Français Louis-Antoine de
Bougainville en 1768 et l’Anglais James Cook, venu à trois reprises, en
1769, 1773, et 1777. Ils furent suivis par d’autres explorateurs.
Le défi de l’évangélisation
Ces visites antérieures d’autres Européens n’ont pas rendu la tâche facile pour les missionnaires. D’après Daniel Mauer, auteur d’une publication
sur «l’Eglise protestante de Tahiti», «ces Européens, les missionnaires…
ne ressemblent à aucun de ceux qui ont débarqué jusqu’alors dans l’île; ils
dédaignent l’alcool et les femmes et se distinguent même par leurs habits
étranges et sont tenus à l’écart.»
Venir à Tahiti était un véritable défi à l’époque. La plupart de ces misionnaires n’allaient plus jamais revoir l’Angleterre. Ils étaient de plus
mal préparés à affronter ce nouvel environnement et la tâche d’évangélisation qui les attendait. Seuls quatre d’entre eux étaient pasteurs ordonnés,
les autres étaient charpentiers, tailleurs ou marchands. La moyenne d’âge
était de 25 ans et quelques-uns seulement étaient venus avec leur femme. La
London Missionary Society avait été fondée moins de deux ans auparavant, en
septembre 1795. L’un de ses fondateurs, Thomas Haweis, qui avait lu les récits de voyages de Samuel Wallis et de James Cook, avait décidé que Tahiti
serait un lieu propice pour commencer la tâche d’évangélisation.
Malgré l’optimisme de Thomas Haweis, les missionnaires rencontrèrent de
nombreux obstacles et obtinrent peu de succès. Leur influence sur les Tahitiens n’était pas très forte, et en mars 1798, onze d’entre eux repartirent
pour l’Australie.
Ceux qui étaient restés s’efforcèrent d’apprendre le tahitien mais ce
n’est qu’à partir de 1819 qu’ils ont pu prêcher dans cette langue. Le 18
mai 1819, 22 ans après l’arrivée de missionnaires, le premier Tahitien – le
roi Pomaré II – a été baptisé. Cette conversion facilita naturellement le
travail des missionnaires.
Les Européens apportent des maladies
Malheureusement l’arrivée des Européens à Tahiti apporta aussi des maladies infectieuses contre lesquels les Polynésiens isolés du reste du monde
n’étaient guère immunisés qui firent de terribles ravages auxquels s’ajoutèrent ceux des multiples guerres locales. La mort oeuvrait aussi en terrain favorable, les organismes étaient souvent affaiblis par l’alcoolisme
et par la déroute qu’engendra la disparition de la civilisation traditionnelle. Lors de la visite du capitaine Cook, la population était estimée à
70’000 personnes. En 1848, les missionnaires comptaient seulement 8’568
âmes.
L’Eglise protestante s’était cependant solidement implantée à Tahiti.
Quand les autorités françaises, inquiètes de la présence britannique dans
la région, commencèrent à étendre leur influence, traduite en 1842 par la
proclamation du protectorat français sur Tahiti, le protestantisme est resté fort. En 1860, l’empereur Napoléon III autorisa les missionnaires protestants à venir à Tahiti, et depuis lors c’est la Société des missions de
Paris qui a été chargée de Tahiti. (apic/eni/mp)




