Jérusalem: Inquiétude de la Commission «Justice et Paix» (270793)
Le processus de paix en danger
Jérusalem, 27juillet(APIC) Alors que les raids israéliens sur le Liban se
poursuivent, la Commission «Justice et Paix» des évêques catholiques de
Terre Sainte craint que ce dramatique regain de tension dans la région ne
mette en danger le processus de paix au Proche-Orient. En raison de la
stagnation des pourparlers de paix, les négociateurs palestiniens proches
de l’OLP perdent du terrain face aux fondamentalistes islamiques du Hamas
opposés à toute concession, a déclaré à l’APIC à Jérusalem le Père Frans
Bouwen, président de la Commission.
En raison de l’absence de résultats des dernières rencontres de paix,
pour de nombreux Palestiniens «beaucoup de choses ont été remises en question», déplore le Père Bouwen. Le religieux estime que les Israéliens font
comme si les négociations n’existaient pas en continuant leur annexion rampante des territoires palestiniens occupés.
Depuis le bouclage hermétique des territoires occupés début avril, la
situation sociale et économique des populations palestiniennes est devenue
«impossible». Cette situation se répercute aussi sensiblement sur le respect porté à la délégation palestinienne dans de larges couches de la population, souligne le président de «Justice et Paix» en Terre Sainte. Le Père
Bouwen craint que cela provoque une perte de prestige des négociateurs palestiniens qui participent au dialogue de paix avec les Israéliens. Une
telle perspective pourrait devenir très dangereuse pour l’avenir.
Même après la déportation au Sud du Liban par les Israéliens des quelque
400 activistes islamiques palestiniens, les délégués ont poursuivi leurs
négociations, sans rien obtenir en échange en leur faveur. «Maintenant, les
gens abandonnent», relève le Père Frans Bouwen. Désormais les Palestiniens,
dans leur majorité, sont sceptiques face aux négociations de paix ou les
rejettent carrément. Ainsi la question se pose si la délégation
palestinienne est encore «soutenue par la majorité du peuple».
Ce dangereux développement pose aussi «un problème» à l’OLP, car le mouvement fondamentaliste Hamas, adversaire déclaré du processus de paix, gagne toujours davantage d’influence. Si les pourparlers de paix donnaient enfin des résultats, Hamas perdrait tout de suite du terrain, considère Frans
Bouwen. Mais Israël fait «comme s’il n’y avait pas de négociations», déplore-t-il. Le bouclage des territoires occupés a également provoqué une augmentation sensible du chômage. Les problèmes sociaux se sont ainsi aggravés, et si Jérusalem et sa région proche sont moins touchés par les violences, la situation à Gaza est particulièrement explosive. Le Père Bouwen
signale que même dans les communautés chrétiennes les gens ont
effectivement «ici et là de plus en plus peur». (apic/kna/cb)




