Mgr Grab souligne les dangers d’un dynamique propre de l’Eglise suisse

Appenzell: Fête centrale de la Société des étudiants suisses

Appenzell, 29août (Niklaus Herzog/APIC) La société des étudiants suisses

(SES) a ouvert ce week-end à Appenzell sa fête centrale annuelle par une

table-ronde sur le thème des rapports Eglises-Etat en Suisse. Mgr Amédée

Grab, évêque auxiliaire à Genève, a relevé que les problèmes de Rome avec

l’Eglise locale suisse ne sont pas récents.

Depuis des siècles, on est persuadé que l’on conduit le mieux les Suisses lorsqu’on prend en compte tous leurs usages et leurs abus (usi et abusi). Les impulsions données par le Concile Vatican II ont provoqué dans

l’Eglise de Suisse une dynamique propre, dont on ne peut pas encore trancher s’il faut la mettre au compte des usages ou des abus. Et Mgr Grab de

citer la disparition pratique du latin dans la liturgie, l’introduction de

l’autel face au peuple et la théologie féministe qui ne peuvent s’appuyer

sur aucune prescription conciliaire.

Pour Mgr Grab, il est clair que les reliques légales héritées du Kulturkampf, concernant l’Eglise, comme l’article de la Constitution fédérale

touchant les diocèses en Suisse, doivent être abolies le plus vite possible. L’évêque appelle l’Eglise catholique en Suisse, malgré tous ses problèmes domestiques, à ne pas se regarder le nombril, mais à voir au-delà

des frontières du pays pour collaborer efficacement aux efforts de l’Eglise

universelle pour la nouvelle évangélisation.

A la question du public concernant l’image négative de l’Eglise donnée

par la télévision suisse, Mgr Grab remarque les différences régionales.

Dans les télévisions romande et tessinoise, l’Eglise peut désigner elle-même les responsables des émissions religieuses. A la télévision alémanique,

l’Eglise s’est privée elle-même de cette possibilité par une négligence

dans le contrat.

Les particularités du catholicisme suisse

Urs Cavelti, juge cantonal à St-Gall, a présenté dans son exposé les

composantes essentielles du droit ecclésiastique suisse. L’utilité publique

des Eglises est reconnue partout en Suisse, mais les cantons n’en ont pas

tous tiré les mêmes conséquences. Tous les cantons, à l’exception de Genève

et Neuchâtel ont accordé aux Eglises catholique et réformée un statut de

droit public ainsi que le droit de lever des impôts ecclésiastiques. On

peut qualifier, du côté catholique, de particularités typiquement suisses,

le droit de co-décision du peuple et de ses représentants dans la nomination des évêques, des prêtres ou l’administration des finances. Ces droits

particuliers des catholiques suisses dépendent étroitement de l’existence,

à côté des diocèses et des paroisses, de communes ecclésiastiques et

d’Eglises nationales. Un système de type allemand où l’Eglise elle-même,

c’est-à-dire les diocèses et les évêques, prélèvent et administrent les

imôts n’est pas imaginable en Suisse, souligne Urs Cavelti.

Ernst Buschor, nouveau conseiller Etat zurichois, et ancien élève du

collège d’Appenzell, a tenu le discours de la fête. Il a appelé les membres

de la société (1’500 actifs et 7’000 anciens) à ne pas se reposer sur les

lauriers du passé, mais à être prêts à s’occuper de la direction intellectuelle et politique du pays.

Nouveau président central

L’élection du nouveau comité central était au centre de la partie statutaire. Richard Kottmann, de Sursee, a été élu nouveau président central.

Le nouveau président, qui prépare actuellement une licence en droit veut

intensifier, les activités de formation politique. En particulier par l’approfondissement de la discussion sur le thème de l’Eglise en Suisse et sur

la lutte contre l’introduction du numerus clausus qui menace les universités suisses. (apic/nh/mp)

29 août 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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