Presse et information religieuse: à deux vitesses sinon au ralenti

Fribourg, 26août(APIC) L’information religieuse ou qui touche à la religion est décidément bien étrangement répercutée. Loin de nous l’idée d’engager ici une vaine polémique. Il convient pourtant de l’admettre: elle

tourne à deux vitesses. Voire au relenti parfois. Le 14 mai dernier,

l’Agence APIC rendait compte dans son bulletin quotidien des résultats du

recensement fédéral 1990 à propos de l’état des religions en Suisse. Quatre

mois plus tard, sous les titres «Hémorragie protestante» et «La religion

recule…», entre autres, certains quotidiens romands présentent l’information, la même tirée du rapport publié en mai dernier à Berne, vérification

faite. Nous republions ici le texte daté du 14 mai. Tout en présentant à

nos confrères notre sincère collaboration pour l’avenir. (apic/pr)

Suisse: l’état des religions selon le recensement fédéral 1990 (140593)

Moins de protestants, un peu plus de catholiques,

mais davantage de musulmans et d’orthodoxes

Les sans religion nettement plus nombreux

Berne, 14mai(APIC) Le nombre des membres de l’Eglise évangélique réformée

ne cesse de reculer, celui des membres de l’Eglise catholique romaine ne

progresse que très lentement. Et la proportion des peronnes sans appartenance religieuse passe de 3,8% à 7,4%. Le protestantisme reste la religion

la plus répandue au sein de la population de nationalité suisse, indique

l’Office fédéral de la statistique, qui a publié jeudi à Berne les chiffres

sortis du recensement fédéral de la population 1990.

Le nombre des personnes qui se disent membres de l’Eglise évangélique

réformée à nettement diminué entre 1980 et 1990, moins 75’000, indique le

rapport. Leur proportion dans la population résidante a reculé de 44,3% à

40’0%. Mais le protestantisme demeure la religion la plus répandue au sein

de la population suisse, avec 47,3%. Le nombre des catholiques romains a

pour sa part légèrement augmenté depuis 1980, plus 42’000. Même si l’importance relative a diminué de 47,6% à 46,2%, 43,3% de la population de nationalité suisse se déclarent catholiques romains.

La communauté israélite est elle aussi en recul, passant de 0,29% à

0,26%, tout comme l’Eglise catholique chrétienne, qui voit sa proportion

passer de 0,26% à 0,17%. Si l’on considère la structure par âge des différentes religions, indique l’Office des statistiques, on constate que la

moyenne d’âge des protestants et des catholiques chrétiens est particulièrement élevée. Et que celle des communautés chrétiennes libres ou des musulmans est particulièrement basse.

Davantage d’orthodoxes et de musulmans, deux fois plus de sans religion

En 1990, année du recensement fédéral, 4,8% de la population résidante,

contre 2,9% en 80, disaient appartenir à une Eglise non nationale. Ce sont

surtout les groupes orthodoxes, dont les effectifs ont doublé, passant à

72’000 (1,0%) et les musulmans, qui ont triplé pour atteindre 152’000

(2,2%), qui ont gagné en importance. Ces chiffres sont sans doute inférieurs à la réalité, fait-on remarquer. Une partie supérieure à la moyenne

d’étrangers n’ayant pas indiqué la religion.

Quant au nombre de personnes sans appartenance religieuse, il a pratiquement doublé depuis 1980, passant de 3,8% à 7,4% de la population. 1,5

des gens n’ont fourni aucune information concernant la religion. Parmi les

Suisses, 6,7% disent n’appartenir à aucune Eglise ou communauté religieuse.

La proportion des personnes sans religion est particulièrement élevée chez

les adultes âgés de 30 à 39 ans (10,0%); elle passe à 9,2% pour les personnes entre 40 et 29 ans. Elle est de 8,0% pour les enfants de 0 à 9 ans. La

proportion chez les personnes âgées est beaucoup plus faible. Les différences entre les cantons sont en revanche très importantes. La Suisse centrale

et le Valais ne font état que de 2% de personnes sans religion. Ce chiffre

est nettement plus important à Neuchâtel, 15%. Il se monte à 20% à Genève

et à 30% et plus dans le canton de Bâle-Ville. (apic/off/pr)

27 août 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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