Espagne: fin de la 5e Conférence mondiale de Foi et Constitution

APIC – Commentaire

Une étape importante sur le chemin de l’unité (160893)

Udo Hahn pour l’Agence APIC

St-Jacques de Compostelle, 16août(APIC) La 5e Conférence mondiale de Foi

et Constitution est arrivée à son terme le 14 août à St-Jacques de Compostelle en Espagne. La précédente assemblée avait eu lieu à Montréal il y a

trente ans. Pour la première fois, l’Eglise catholique a participé à une

Conférence mondiale organisée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE).

Le thème du pèlerin a été le fil rouge de cette Conférence. Même si les

350 délégués des Eglises anglicanes, orthodoxes, protestantes, ainsi que

ceux de l’Eglise catholique-romaine n’étaient pas venus dans la capitale de

la Galice dabord pour vénérer saint Jacques. Leurs préoccupations étaient

plutôt l’approfondissement de la collaboration oecuménique et l’attribution

d’un contour plus précis à l’unité visible des Eglises. Dix jours durant,

du 3 au 14 août, des évêques, des professeurs de théologie et des laïcs se

sont penchés sur le thème :»Sur le chemin de la koinonia, dans la foi, la

vie et le témoignage».

Ceux qui attendaient de cette Conférence une grande percée oecuménique

seront déçus. Tel un pèlerin, qui pas à pas, souvent au prix de grandes

peines, parvient d’une étape à l’autre, ainsi les délégués ont franchi une

étape du chemin de l’unité des Eglises et n’ont pas encore atteint le but

final. Les participants à la Conférence sont rentrés dans leur Eglise avec

dans leurs bagages l’espoir que l’unité des Eglises n’est pas une utopie

lointaine, mais une réalité qui peut devenir un jour tangible.

Konrad Raiser, secrétaire général du COE a nourri cet espoir dans un

discours remarquable sur l’avenir du mouvement oecuménique. Il s’est prononcé pour un renouvellement de la vision oecuménique de l’unité de l’Eglise. Comme étape concrète, il propose de tenir en 1998, année du cinquantième anniversaire du COE, un rassemblement oecuménique au cours duquel les

réprésentants mandatés par les Eglises lèveraient solennellement les condamnations réciproques. Le théologien allemand exprime ce qui depuis longtemps dejà est la conviction de beaucoup d’oecuménistes: l’Eglise unit plus

qu’elle ne sépare.

La proposition de Konrad Raiser a été faite le dernier jour de la Conférence, mais elle n’était pas inattendue. Les délégués avaient auparavant

étudié attentivement le message de salutation du pape Jean Paul II et suivi

avec une grande curiosité le discours du cardinal Edward Cassidy, président

du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Jean Paul II, comme le

cardinal Cassidy ont renforcé l’engagement futur de l’Eglise catholique au

sein du mouvement oecuménique. Bien que l’Eglise catholique ne soit pas un

des 322 membres du COE, elle participe depuis 1968 aux travaux de Foi et

Constitution et, pour la première fois à St-Jacques de Compostelle, était

présente à une Conférence mondiale. L’accent mis sur ces circonstances ainsi que le rôle d’hôte joué pour cette assemblée avaient suscité par avance

bien des attentes. Le signal espéré de Rome d’entreprendre des pas concrets

pour un avenir oecuménique commun n’est cependant pas arrivé.

La proposition de Konrad Raiser ne devrait pas être prise par Rome comme

une provocation. Le secrétaire général du COE peut s’appuyer sur le travail

préparatoire important réalisé en Allemagne. Jean Paul II lui-même, lors de

sa visite en 1980, a donné l’impulsion à la création d’une commission de

théologiens évangéliques et catholiques, chargée de réviser les condamnations mutuelles du XVIe siècle. En cinq ans seulement, ce projet de recherche a été accompli. Les résultats sont encore à l’étude au sein de l’Eglise

évangélique nationale d’Allemagne et de l’Eglise catholique-romaine.

Jusqu’en 1998, il reste assez de temps aux Eglises pour préparer soigneusement l’étape de la levée des condamnations réciproques. Jusque là, il

manquera aux Eglises – malgré les résultats impressionnants de leurs efforts intensifs vers un accord sur les questions centrales de la foi – la

force spirituelle pour sauter par dessus les ombres de leur indentité confessionnelle marquée par les délimitations mutuelles, analyse Konrad Raiser. La levée des condamnations n’est pas l’abandon des traditions acquises. Cette mesure équivaudrait à la libération d’un fardeau qui ouvrirait

le regard sur ce qui unit les Eglises. Et cela est plus important que ce

qui les sépare. La 5e Conférence mondiale de Foi et Constitution a mis en

relief cette idée et peut ainsi être considérée comme un succès. (apic/uhmp)

Udo Hahn dirige le département «Eglise évanglélique/Christ Monde» de l’hebdomadaire allemand «Rheinische Merkur» à Bonn.

16 août 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!