Elle meurt dans un hôpital après avoir été maltraitée par la police
Angleterre: une Jamaïcaine devait être expulsée (100893)
Les Eglises exigent qu’on mette fin à de tels refoulements
Londres, 10août(APIC) Le Conseil des Eglises chrétiennes pour la GrandeBretagne et l’Irlande (CCBI) a adressé un message urgent au gouvernement
britannique en lui demandant de proscrire totalement la violence dans le
renvoi des étrangers. La prise de position du Conseil des Eglises est en
relation directe avec les récentes révélations sur la mort de Joy Gardner,
un Jamaïcaine de 40 ans. Cette dernière vient de décéder dans un hôpital
londonien. Une conséquence tragique de sa brutale arrestation par la police
venue dans son appartement pour l’expulser du pays.
Le secrétaire de la Commission de la CCBI, le Révérend David Haslam, a
révélé qu’il existe d’autres «récits inquiétants» sur des cas similaires où
«la force brutale» de la police a été pratiquée lors de refoulements
d’étrangers. De son côté, John Joseet, responsable de la commission des réfugiés au sein de la Conférence épiscopale catholique d’Angleterre et du
Pays de Galles, a déclaré que la mort de Joy Gardner en Angleterre n’est
que l’expression d’une crise plus profonde qui touche l’Europe entière.
Tout cela doit être mis en rapport avec les décisions prises par la Communauté européenne à Copenhague sur la question du refoulement d’immigrés illégaux. John Joseet estime aussi que chaque expulsion «musclée» sert les
intérêts des mouvements d’extrême-droite. D’autre part cette attitude raciste contredit la prétention de faire de l’Angleterre une communauté multiraciale.
Les méthodes violentes de policiers
La mort de Joy Gardner a fait la une des journaux britanniques. La Jamaïcaine était entrée en Angleterre en 1987 et elle avait demandé après son
mariage, à plusieurs reprises, mais sans succès, la prolongation de son
permis de séjour.
Venus pour l’expulser, des policiers sont entrés dans son appartement et
ont utilisé la violence pour l’emmener. Comme l’enquête l’a révélé, Joy
Gardner, devant son fils de 5 ans, a d’abord été ligotée par une ceinture
et de fortes bandes de papier adhésif. On lui a mis aussi un baillon sur la
bouche pour l’empêcher de crier. Amenée à l’hôpital, elle devait y décéder.
L’autopsie faite sur la victime a révélé que la mort avait été provoquée
par asphyxie.
Trois des cinq policiers, chargés de «l’acte officiel» de l’expulsion,
ont été suspendus de leurs fonctions. Le chef de la police de Londres, Paul
Condon, a donné l’ordre au département de Scotland Yard responsable de la
section des refoulements, de suspendre son activité jusqu’à nouvel avis.
Des ressortissants des Caraïbes, à Hornsey, ont protesté contre l’attitude
de la police, à la suite de la mort violente de Joy Gardner. Certains manifestants ont tenté de mettre le feu au commissariat de la police locale.
(apic/kpr/ba)




