le Père Guy Verhaegen est rentré en Belgique

Bruxelles: huit jours après son arrestation au Zaïre (010893)

Bruxelles, 1eraoût(APIC) Huit jours après son arrestation dans la salle

d’attente de l’aéroport de N’Djili à Kinshasa, le Père Guy Verhaegen, missionnaire jésuite belge de 66 ans, est arrivé en Belgique en fin de semaine.

Il a fallu la médiation personnelle de Mgr Laurent Monsengwo, archevêue

de Kisangani et président du Haut Conseil de la République, pour que le

président Mobutu accorde au Père Verhaegen l’autorisation de quitter le

Zaïre.

Le missionnaire jésuite avait été arrêté par les membres du service national d’immigration zaïrois, qui l’ont interrogé pendant plusieurs jours

après avoir appris qu’il transportait dans sa valise certains documents,

entre autres un rapport d’une organisation zaïroise en faveur des droits de

l’homme. Peu après son arrestation, le religieux a toutefois été remis en

liberté, mais il ne pouvait plus sortir du pays, son passeport lui ayant

été retiré. Le véritable motif de son arrestation, a déclaré le Père verhaegen à son arrivée à Bruxelles, est qu’il avait remis au délégué spécial

de l’ONU un rapport sur la violation des droits de l’homme à Kisingani, la

capitale régionale du Shaba/Katanga, au sud du Zaïre.

Le pouvoir mis en cause

Dans une interview publiée le 30 juillet par le quotidien flamand «Het

Volk», le Père Verhaegen explique que le rapport recherché par les services

zaïrois avait été rédigé peu auparavant par le groupe «Justice et Liberté»,

que le religieux avait créé à Kisangani. Ce rapport n’était pas tendre pour

les autorités, considérées comme responsables des graves problèmes de la

région.

Les services zaïrois n’ont cependant pu mettre la main sur l’exemplaire

du rapport qu’avait emporté à l’aéroport le religieux belge. Au moment où

le Père Verhaegen a été arrêté, la valise contenant le rapport était déjà

dans l’avion. Ce dernier s’est alors envolé avec les bagages du missionnaire et ses confrères ont pu récupérer à Bruxelles la valise et le rapport

qu’il contenait. Privés de la pièce principale de leur recherche, les policiers zaïrois, dépités, durent relâcher le religieux belge.

En juillet 1990, le missionnaire jésuite avait déjà eu des démêlés avec

les autorités zaïroises qui l’avaient expulsé du pays «sur la base de fausses accusations». C’est seulement onze mois plus tard qu’il avait pu retourner au Zaïre, après s’être expliqué dans une lettre personnelle

adressée au président Mobutu. (apic/cip/ba)

1 août 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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