Un héros de la résistance au communisme
Louvain: la dépouille de Mgr Sloskans quitte la Belgique pour la Lettonie
Louvain, 27septembre(APIC) La dépouille mortelle de Mgr Boleslas Sloskans, évêque de Minsk et de Mohilev, mort il y a douze ans en exil, a quitté la Belgique pour être rapatriée sur sa terre natale la Lettonie. Mgr Janis Pujats, archevêque de Riga, a fait à cette occasion le déplacement à
l’abbaye bénédictine du Mont César à Louvain.
Né en 1893, à Sterniene, en Lettonie, alors province russe, Boleslas
Sloskans fut ordonnée prêtre à la veille de la révolution d’octobre 1917.
Nommé en secret évêque de Minsk et de Mohilev en 1926, il fut arrêté en
1927 et emprisonné en Russie jusqu’en 1933 avant de pouvoir rentrer en Lettonie. En 1940 il tomba aux mains de l’occupant allemand. Il fut libéré en
Bavière en 1944. A la fin de la guerre il retourna en Lettonie mais dut reprendre le chemin de l’exil en 1951. Il séjourna alors en Belgique jusqu’à
sa mort en 1981.
Lors de la cérémonie, après avoir rendu hommage à Mgr Sloskans, Mgr
Pujats a évoqué la situation actuelle de l’Eglise catholique en Lettonie.
Après la révolution soviétique, le travail pastoral a été totalement
anéanti. La foi et l’Eglise étaient persécutées au nom de la science. Le
système d’éducation est devenu athée. Si un prêtre critiquait le régime, on
lui interdisait immédiatement toute activité pastorale, témoigne Mgr
Pujats. Quelques jours après la visite du pape dans les pays baltes, Mgr
Pujats a remarqué que sous certains aspects cette période a été favorable à
l’Eglise catholique. La pornographie ou les sectes ne pénêtraient pas dans
le pays. Et la population déçue de ses dirigeants a su garder une pensée
orientée vers le Royaume des cieux. L’Eglise a pu continuer de célébrer le
culte. A l’inverse d’autres confessions, elle n’a pas du céder ses lieux de
cultes. Ceux-ci, explique l’archevêque de Riga, n’ont jamais désempli.
Après la liturgie, suivie d’une réception à l’Hôtel de Ville de Louvain,
la dépouille de Mgr Sloskans a été acheminée à Anvers où l’attendait un bateau letton pour la ramener dans sa patrie. Dès le 10 octobre elle reposera
au sanctuaire marial d’Aglona. Mgr Pujats annoncera alors officiellement
son intention d’ouvrir le procès de béatification de celui qui a connu
l’exil et l’enfer des travaux forcés. (apic/cip/mp)




