Oui aux mesures, non à la réduction du taux d’indemnisation
Caritas Suisse approuve la révision de l’assurance chômage (210993)
Lucerne, 21septembre(APIC) Caritas Suisse approuve l’arrêté fédéral urgent sur les mesures de révision de l’assurance chômage, qui sera soumis au
peuple le week-end prochain. L’organisation catholique d’entraide reste
toutefois opposée à la réduction à 70% du taux d’indemnisation pour plus
d’un quart des chômeurs.
Caritas Suisse approuve la prolongation de la période maximale d’indemnisation qui passe de 300 à 400 jours. «Cette mesure représente une amélioration incontestable pour les chômeurs de longue durée dont le nombre ne
cesse d’augmenter». L’organisation souscrit également à la suppression du
taux dégressif pendant la période d’indemnisation, à l’extension de la durée de protection en cas de chômage partiel, à l’amélioration du taux de
subventionnement des programmes d’occupation et à l’abolition du délai
d’attente en cas de maladie. Ces mesures, aux yeux de Caritas, améliorent
en premier lieu le sort des groupes les plus touchés par le chômage, à savoir les chômeurs d’un certain âge, les chômeurs ayant des personnes à
charge ou qui élèvent seuls leurs enfants.
Caritas se déclare en revanche opposée à la réduction à 70% du taux
d’indemnisation pour plus d’un quart des chômeurs. «Dans bien des cas, cette mesure ne fera en effet qu’accroître la dépendance à l’égard de l’assistance sociale». L’oeuvre d’entraide s’efforcera «de la faire annuler lors
de la procédure de révision».
Pour se prononcer sur l’arrêté fédéral urgent, il s’agit, dit Caritas,
d’en comparer les avantages et les inconvénients. «Mais il faut également
tenir compte du contexte politique, et notamment du fait que la loi sur
l’assurance chômage obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité (LACI) sera prochainement soumise à une deuxième révision ordinaire».
Vu la situation politique actuelle, Caritas Suisse souhaite apporter
quelques rectifications à l’arrêté fédéral urgent. «Il faudrait revoir les
restrictions proposées au cours de la révision ordinaire». Caritas entend
soutenir par là une politique pragmatique qui, par des mesures concrètes,
améliore rapidement le sort de tous les groupes particulièrement touchés
par le chômage. (apic/com/pr)
ENCADRE
Exclusion des chômeurs de longue durée: résultats encourageants
PLus de 15% des 170’000 chômeurs officiellement recencés en Suisse, soit
près de 26’000 personnes, ont épuisé leur droit aux indemnités. Et le pire
est à venir. Comment éviter la marginalisation rampante de tous ces exclus
du travail? Est-il seulement possible de les réintégrer dans les rouages de
la société? Oui, répond Caritas. Et elle «le prouve»: «La moitié des sansemploi sortis de ses programmes de réinsertion ne sont plus au chômage».
L’oeuvre d’entraide catholique expérimente depuis longtemps des alternatives à l’exclusion des chômeurs de longue durée. Initié en 1985, le programme d’occupation (PO) de Caritas Jura offre aujourd’hui trente postes de
travail temporaire réservés aux sans-emploi arrivés en fin de droit. Le PO
de Caritas Tessin, inauguré en 1988 et baptisé le «Mercatino» (Petit marché), dispose lui aussi d’une trentaine de places. De même que «Coup d’pouce», lancé en 1989 par Caritas Fribourg.
Les résultats obtenus jusqu’ici sont plutôt encourageants. Sur les 150
personnes qui ont quitté le PO de Caritas Jura durant la période allant de
janvier 90 à avril 93, 53% avaient un projet «clair». Qu’ils aient retrouvé
du travail, atteint l’âge de la retraite, entrepris une formation ou une
démarche auprès de l’assurance invalidité, ils étaient tirés d’affaire.
Quant aux autres, ils sont soit retournés timbrer, soit sont assistés par
l’aide sociale.
Le travail réalisé par «Mercatino» est tout aussi important: 49% des 178
chômeurs sortis du PO de Caritas Tessin de juillet 1988 à fin 1992 ont décroché un emploi. «Coup d’pouce» affiche également un taux de réussite appréciable: 45% des partants enregistrés entre mars 1989 et fin 1992 ne sont
plus au chômage ni à l’assistance publique.
Les activités des PO de Caritas sont essentiellement axées sur la récupération et le recyclage. Tous les objets, vieux meubles, appareils électroniques, vêtements… sont restaurés, réparés et rafistolés par les chômeurs occupés dans les ateliers, puis revendus. Le produit de ces ventes a
rapporté l’an passé plus de 300’000 francs à chacun des trois PO. (apiccom/pr)




