Réélection de Mgr Lehmann à la tête de la Conférence?
Allemagne: ouverture à Fulda de la session d’automne de l’épiscopat
L’évêque de Mayence dresse le bilan (200993)
Bonn, 20septembre(APIC) Au sortir d’une période difficile, mais également
marquée par des aspects positifs, l’Eglise catholique allemande est à la
croisée des chemins: tel est le bilan dressé par Mgr Karl Lehmann, évêque
de Mayence, après six ans passés à la tête de la Conférence épiscopale allemande. Mgr Lehmann fait le point à l’occasion de la session d’automne de
l’épiscopat catholique, ouverte lundi à Fulda.
L’un des points à l’ordre du jour est l’élection du nouveau président de
la Conférence, à moins que Mgr Lehmann, 57 ans, ne soit réélu, ce que pronostiquent bien des observateurs. «La Conférence épiscopale est à cet égard
une institution particulièrement démocratique. Chaque évêque pourra décider
par un vote secret», se contente-t-il de déclarer.
«L’Eglise catholique allemande est à la croisée des chemins, explique
l’évêque de Mayence. Ces dernières années a été marquées par des évolutions
décidément pénibles, comme le fait que beaucoup d’Allemands ont tourné le
dos à l’Eglise (réd: 200’000 l’an dernier). Mais il y a aussi des aspects
positifs, comme la croissance soutenue de petits noyaux, l’engagement énorme de membres actifs de l’Eglise, un excellent climat oecuménique et de
meilleures relations avec Rome». Mgr Lehmann, qui évoque une prochaine réorganisation administrative des diocèses et des provinces ecclésiastiques,
parle en outre de points «où nous avons enregistré moins de succès, par
exemple dans notre long combat pour la protection de la vie».
A propos de certaines difficultés vécues par l’Eglise d’Allemagne ces
dernières années, comme la «Déclaration de Cologne» et l’»affaire Drewermann», Mgr Lehmann observe que cette affaire «relevait non de la Conférence
épiscopale, mais de l’évêque de Paderborn, Mgr Degenhardt». Ce qui n’empêche pas que «la Conférence épiscopale a été entièrement solidaire de Mgr
Degenhardt». «Ce qui était en cause n’était pas des chicaneries mais le
Credo de l’Eglise».
Quant à la «Déclaration de Cologne» (1989), signée par de nombreux théologiens allemands et Suisses alémaniques, notamment, Mgr Lehmann parle
d’une «réaction compréhensible», de «déception» et de «protestation». Il
est encore d’avis aujourd’hui que «le ton de cette déclaration n’est pas
très favorable à une bonne issue des problèmes, les reproches étant trop
globaux». Car, dit-il, «mélanger théologie et politique ecclésiale suscite
bien des malentendus». Mgr Lehmann pense néanmoins que «ce n’est pas une
raison pour persécuter les signataires de la Déclaration de Cologne», et
que l’Eglise «ne peut renoncer à la discussion avec les théologiens».
(apic/cip/pr)




