L’Eglise, comme interlocutrice entre l’Est et l’Ouest

Le Père Trauffer séduit par le Symposium de Prague (150993)

Fribourg, 15septembre(APIC) «Si nous l’Eglise, ne sommes pas capables de

soutenir et de favoriser le dialogue entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest,

alors je ne vois pas qui d’autre pourrait le faire». C’est là la conviction

du Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses, livrée à l’APIC peu après son retour du 8e Symposium élargi des évêques européens tenu à Prague. Une rencontre que le Père Trauffer qualifie

d’extrêmement positive.

Trop abstrait, le langage utilisé durant ce symposium, ainsi qu’on a pu

l’entendre? Pour le secrétaire de la CES, on ne peut sans doute pas faire

autrement que de parler encore un peu d’une façon abstraite. Parce que les

sensibilités sont très différentes à l’Ouest et à l’Est. Les pays de l’exbloc communiste n’ont pas encore pu pleinement se rendre compte de tout qui

a été fait depuis le Concile Vatican II. Les gens de ces pays n’ont pas encore trouvé leur langage face aux phénomènes nouveaux qui se posent.

Ce qui pénètre actuellement dans leur pays et leur société constitue une

menace. Certains pensent que le totalitarisme a maintenant été remplacé par

le libéralisme et la société de consommation, donc la décadence, Pour eux,

«les péchés sont revenus dans les pays de l’Est», commente le Père Trauffer.

Autre grande expérience vécue à Prague: «J’ai appris que nous devons de

notre côté faire un effort ces prochaines années afin de contrôler notre

langage et faire preuve de patience. Il n’y a pas une Eglise de l’Ouest et

une autre de l’Est. Mais une seule Eglise catholique romaine». «Je suis reparti de Prague avec plus d’espoir que je n’en avais au départ de Suisse».

Désormais, déclare le Père Trauffer. Il y aura toujours des différences

dans les systèmes économiques, dans les mentalités et les développements

culturels. Et la valeur d’un tel Symposium nous a fait comprendre que seule

l’Eglise peut favoriser et amener le dialogue. «La mafia sévit dans les

pays de l’Est, un certain protectionnisme règne au niveau des économies,

les problèmes sociaux se sont aggravés partout… On voit que très vite de

nouveaux fossés se creuseront qui empêcheront d’engager un dialogue nécessaire pour cette Europe. Et si nous, l’Eglise ne sommes pas capables de

soutenir, et de favoriser le dialogue, je ne vois pas qui d’autre pourra le

faire». (apic/jb/pr)

15 septembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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