La RU 486 reste une épine dans le pied de Hoechst AG

Etats-Unis: L’Académie des sciences recommande la pilule abortive (090993)

La Suisse reste sur la «liste d’attente»

Washington, 9septembre(APIC) L’Académie des sciences des Etats-Unis recommande l’introduction de la «pilule abortive» RU 486, développée en France par Roussel-Uclaf, dont la firme allemande Hoechst est l’actionnaire majoritaire. Dans une déclaration publiée mercredi à Washington, l’Académie

des sciences affirme qu’il n’est désormais plus nécessaire de procéder à

des tests. En Suisse, une majorité des gynécologues serait pour l’introduction de la RU 486, souligne-t-on au siège suisse de Hoechst-Pharma AG à Zurich, mais en raison des remous provoqués par cette préparation aux EtatsUnis et en Allemagne surtout, «la Suisse reste sur une liste d’attente».

Pour l’Académie des sciences américaine, la RU 486 peut être utilisée

dans les premières semaines de la grossesse, et cette préparation peut également être employée pour combattre certains cancers et d’autres tumeurs.

Depuis son invention, la pilule abortive RU 486 a suscité de vifs débats

tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Le produit de Roussel-Uclaf et Hoechst

est actuellement disponible en France, en Grande-Bretagne et en Suède. La

Chine dispose également de cette préparation, mais produite par une autre

entreprise. Les épiscopats de nombreux pays – dont la Suisse -, le Vatican

ainsi que les mouvements pour la vie ont condamné ce nouveau moyen d’interruption volontaire de grossesse.

Pour le moment, «pas de consensus social»

Selon le Dr. Ditmar Lubini, manager général de Hoechst-Pharma AG pour la

Suisse, il n’y a actuellement pas de «consensus social» pour introduire la

RU 486 en Suisse. Cependant, a-t-il déclaré à l’APIC, la Société suisse de

gynécologie et l’Association des chefs de clinique de gynécologie des hôpitaux suisses se sont prononcés cette année à une majorité claire en faveur

de la RU 486. Mais les deux organisations n’ont pas fait de demande officielle, seulement mis à disposition de l’entreprise pharmaceutique les résultats de cette consultation.

Le Dr. Lubini considère que tant que Hoechst et Roussel-Uclaf sont confrontés dans des pays aussi importants que les Etats-Unis et l’Allemagne à

de telles controverses et menaces de boycott, la «petite Suisse restera sur

la liste d’attente». En outre, les propriétaires de la RU 486 cherchent

d’autres entreprises partenaires qui prendraient sous licence la formule de

la RU 486, la produiraient et la distribueraient pour leur compte, permettant ainsi à la firme pharmaceutique, prise dans le collimateur des militants «pro life», de se débarrasser de ce problème. (apic/be)

9 septembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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