rencontre le patriarche serbe orthodoxe
Belgrade: Le cardinal Godfried Danneels (010993)
Mgr Pavle reconnaît un part de responsabilité des Serbes dans la guerre
Belgrade/Milan/Vienne, 1erseptembre(APIC) L’archevêque de Malines-Bruxelles, le cardinal Gofried Danneels, président du mouvement catholique pour
la paix «Pax Christi International», s’est rendu de lundi à mercredi à Belgrade où il a rencontré le patriarche Pavle, chef de l’Eglise serbe orthodoxe, pour y discuter d’une initiative commune de paix. D’autre part, pour
la première fois le patriarche serbe orthodoxe a reconnu ouvertement une
part de responsabilité des Serbes dans la guerre en Bosnie-Herzégovine.
Dans une interview accordée à l’hebdomadaire de Milan «Panorama», le
chef religieux serbe juge respectivement les Serbes, les Croates et les Musulmans responsables du conflit.
Une guerre sans vainqueurs
Le chef religieux serbe déplore les «crimes horribles» commis par l’ensemble des parties en conflit et réclame la cessation immédiate de cette
guerre «qui ne laissera pas de vainqueurs, seulement des vaincus.» Le patriarche refuse toute justification religieuse à la guerre: aucun but ne
justifie le massacre d’hommes. «Pour un orthodoxe, il vaut mille fois mieux
être soi-même victime et mourir en chrétien, que commettre un acte inhumain», a-t-il précisé.
Plusieurs fois déjà, Mgr Pavle a appelé avec insistance à la paix et à
la réconciliation en ex-Yougoslavie et condamné avec force tous les actes
de violence. Le patriarche essaie d’apporter sa contribution à la
pacification par des contacts avec les autres responsables religieux.
«L’Eglise n’a pas soutenu la guerre»
Mgr Pavle rejette les affirmations de certains milieux croates et musulmans accusant son Eglise d’avoir soutenu le projet d’une Grande Serbie et
par conséquent la guerre: «L’Eglise n’accepterait jamais, qu’au nom de la
Grande Serbie, et même pas pour la survie d’une Petite Serbie, on installe
des camps d’extermination ou que l’on tue des êtres humains». L’Eglise serbe orthodoxe n’a jamais voulu «un nouveau Jasenovac», souligne Mgr Pavle,
en faisant allusion au camp de concentration où furent massacrés des dizaines de milliers de Serbes, de Juifs, de Tziganes et de communistes par les
fascistes croates durant la deuxième guerre mondiale.
Une politique unilatérale de reconnaissance européenne de l’indépendance
Pour le patriarche Pavle, tout le monde porte une part de responsabilité
dans la guerre en Bosnie: «Nous sommes tous responsables, les Serbes, les
Croates et les Musulmans. Et les gouvernements d’autres Etats européens
portent aussi leur part de responsabilité dans cette tragédie». Avant le
début de la guerre, les représentants des trois peuples bosniaques
s’étaient entendus sur un plan de cantonalisation du pays. La «reconnaissance européenne unilatérale de la République du président musulman Alija
Izetbegovic», estime-t-il, a contribué à laisser tomber cet accord qui aurait évité la guerre.
La peur de la charia
Les Serbes bosniaques ont vécu durant des siècles sous le occupation musulmane et sous la charia, la loi islamique, relève Mgr Pavle. Ils en ont
beaucoup souffert. Avant la guerre actuelle, Alija Izetbegovic a fait part,
dans sa «Déclaration islamique», de son intention de réintroduire la charia
dans les pays à majorité musulmane. En outre, le Coran prêche la «jihad»,
«la Guerre Sainte», comme moyen de diffusion de la foi. Ce concept, estime
le patriarche Pavle, est «étranger au christianisme». (apic/w/gs/cb)




