Caritas Suisse intensifie son aide (131093)

Soudan: des centaines de milliers de personnes menacées par la faim

Lucerne, 13 octobre(APIC) Des centaines de milliers de civils, dont une

majorité de femmes et d’enfants, sont menacés de mourir de faim au Soudan.

Dans ce ce pays déchiré depuis une dixaine d’années déjà par la guerre civile, on compte au moins 600’000 morts et plus de trois millions de réfugiés. Face à cette détresse, Caritas Suisse intensifie actuellement son aide alimentaire au sud du Soudan. A l’occasion de la Journée mondiale de

l’alimentation, le 16 octobre, elle fait le point de la situation.

Mgr Macram Gassis, évêque catholique du diocèse d’El Obeid, estime que

1,5 million de personnes ont fui les provinces où s’affrontent les rebelles

du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) et les troupes gouvernementales pour aller se réfugier dans les immenses bidonvilles de la

capitale Khartoum. Diverses organisations humanitaires, dont Caritas, sont

intervenues pour garantir une infrastructure minimale à ces gens qui vivent

souvent dans de simples abris en carton, s’efforçant d’améliorer au moins

les conditions d’hygiène et d’approvisionnement.

Déportations massives

En 1992, le gouvernement soudanais a chassé ces réfugiés en détruisant,

à l’aide de bulldozers, les taudis de carton. Quelque 700’000 personnes ont

été entassées dans des camions et déportées dans le désert, à 40 kilomètres

de Khartoum. Elles y sont toujours, privées d’eau, de nourriture, d’abris

et de médicaments, comme en a témoigné ce printemps Mgr Gassis devant la

Commission des droits de l’homme des Nations-Unies, à Genève.

La situation en dehors de la région de Khartoum ne vaut guère mieux. Selon Mgr Gassis, le gouvernement a installé de véritables camps de concentration et y rassemble les réfugiés de l’ouest et du sud du pays. Dans les

régions du sud occupées par les rebelles des centaines de milliers de civils sont pris en otage.

La famine comme arme

Le gouvernement islamiste ne recule devant rien dans la lutte pour le

pouvoir. Il va jusqu’à affamer la population civile chrétienne ou animiste

et s’en prend aux convois de vivres et de médicaments qui ne lui sont pas

confiés. Les rares secours qui parviennent encore à la population déplacée

du sud du Soudan sont ceux dont le transport est organisé par l’ONU, dans

le cadre du Programme alimentaire mondial, et par le consortium des oeuvres

d’entraide écclésiales, dont la Fédération luthérienne mondiale, le Conseil

oecuménique des Eglises (COE) et Caritas.

Grâce aux ponts aériens coordonnées par le consortium, 52’000 tonnes de

secours ont pu être livrés, l’an passé, à la population dans le besoin. Au

cours de deux dernières années, Caritas Suisse a consacré 2,4 millions de

francs à l’aide alimentaire au sud du Soudan.

Aider les réfugiés à se réinstaller

Lorsque le gouvernement a chassé les réfugiés, leur situation déjà précaire a encore empiré. Pour sauver les victimes de la famine, Caritas soutient un programme lancé par le Conseil des Eglises du sud du Soudan, qui

devrait permettre à 48’000 personnes déplacées de se réinstaller dans des

régions relativement sûres.

Les bénéficiaires reçoivent tout d’abord les vivres et les couvertures

dont ils auront besoin pour supporter le long voyage. Les oeuvres d’entraide mettent des camions à disposition, mais elles s’occupent également de la

sécurité du transport des réfugiés dans des villages protégés. Dans la mesure du possible, elles fournissent alors des outils et des semences, permettant aux rapatriés de prendre eux-même leur survie en main.

Le soutien de la Confédération

Caritas a aussi organisé, en collaboration avec la Direction de la coopération au développement et de l’aide humanitaire de la Confédération

suisse (DDA), un vaste plan de distribution. Au printemps déjà, 1’400 tonnes de millet, de haricots et d’huile ont été livrées. En septembre, Caritas a promis de verser au programme une nouvelle contribution de 890’000

francs destinée à compléter les secours d’urgence par des mesures d’aide à

la reconstruction. Il s’agit en effet d’assurer la prochaine récolte en

livrant des outils agricoles, des filets de pêche et des semences aux habitants des régions touchées par la famine. (apic/com/cb)

13 octobre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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