ENCADRE

C’est en 1987 que l’encyclique «Veritatis Splendor» a été annoncée pour

la première fois. Sa promulgation suit de quelques mois la publication du

«Catéchisme de l’Eglise catholique». Ce fait ne doit rien au hasard puisque

l’encyclique sur la morale se réfère régulièrement au nouveau Catéchisme.

Chacun de ces deux grands textes remplit une fonction différente. Le Catéchisme offre un exposé complet, organique et systématique de la foi et de

la pratique de l’Eglise. Il vise la durée. L’encyclique répond à une préoccupation du moment. Depuis une vingtaine d’années, en effet, est né à l’intérieur de l’Eglise, principalement chez certains théologiens allemands et

anglo-saxons, un «dissentiment» qui revêt de plus en plus la forme d’une

critique ouverte. Celle-ci porte sur le rejet de la loi naturelle et, partant, de l’universalité de la permanence des normes morales; elle récuse

les interventions magistérielles qui prétendraient imposer à la conscience

personnelle des prescriptions particulières.

Le premier chapitre se présente comme une méditation de l’épisode évangélique du jeune homme riche (Mt 19, 16 s). Le jeune homme commence par

établir un lien entre le bien moral et l’accomplissement de la vie; il comprend que ses actes et ses attitudes n’engagent pas le seul présent, ils

déterminent l’avenir, irrémédiablement. Jésus rappelle que Dieu seul peut

répondre à la question du bien parce qu’il est le Bien. Il montre que les

commandements divins constituent la première étape du chemin de la liberté

humaine, le porche d’entrée de cette vie d’amour à laquelle il appelle tous

les hommes. Enfin le Christ explique que la perfection ne représente pas

une option pour l’homme, mais une nécessité de tout son être. Son Esprit

rend cette perfection réellement possible à qui s’ouvre à lui. Il le conduit vers Celui qui est la Vérité même, une Vérité qui resplendit sur toute

l’humanité.

Le second chapitre est plus technique. Il s’adresse plus spécialement

aux théologiens et aux philosophes. Le Concile avait invité les spécialistes à renouveler et à perfectionner la théologie morale. L’appel a été largement entendu et l’encyclique se réjouit des progrès incontestables réalisés depuis deux décennies dans ce domaine. Mais dans la profusion des recherches, il était inévitable qu’une partie du patrimoine moral, lentement

amassé au cours des siècles par l’Eglise, risquât d’être négligé, sinon oublié.

Les quatre questions principales

Ce chapitre, véritable coeur de l’encyclique, définit ce qu’il faut entendre par liberté humaine et justifie le lien qui l’unit à la vérité. Il

examine quatre questions principales: la liberté et la loi; la conscience

et la vérité; le choix fondamental et les comportements concrets; l’acte

moral.

Le troisième chapitre est pastoral. La «nouvelle évangélisation» que

l’Eglise appelle de ses voeux comporte l’annonce et la proposition de la

morale. La tâche est immense; elle requiert l’engagement de tous:

L’Eglise invite les chrétiens à se ressourcer auprès du témoignage des

martyrs et à puiser dans l’immense patrimoine des autres traditions religieuses et philosophiques;

Les pouvoirs publics rejetteront la corruption et le totalitarisme sous

toutes ces formes. Ils se rappelleront que les normes morales ne sauraient

résulter de la simple expression majoritaire (éthique procédurale);

Les théologiens moralistes occupent une place véritablement stratégique

au sein de la culture contemporaine. Sans rien abdiquer de la rigueur

scientifique requise par leur discipline, ils donneront «l’exemple d’un assentiment loyal, intérieur et extérieur, à l’enseignement du Magistère dans

le domaine du dogme et celui de la morale»;

Les évêques, enfin, premiers destinataires de l’encyclique, veilleront

«personnellement à ce que la ’saine doctrine’ de la foi et la morale soit

enseignée dans (les) diocèses». (apic/com/pr)

5 octobre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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