trition; le taux de mortalité infantine est maintenant supérieur à 72 pour

Plus de 25% des enfants entre o et 5 ans souffrent aujourd’hui de malnu-

mille naissances, contre 60 auparavant… 6% des personnes malades ne reçoivent aucune attention médicale. Les efforts réalisés dans le domaine de

la santé sont peu ou prou réduits à néant. Sort identique pour l’éducation:

entre 25 et 30% d’analphabètes actuellement contre moins de 12% avant;

860’000 gosses ne recoivent aucune éducation primaire… sur une population

globale estimée à 4,5 millions d’habitants… «L’éducation est totalement

abandonnée dans les campagnes». Plus de 25% des enfants entre 7 et 12 ans

ont d’ores et déjà délaissé les salles de classe. Pour chaque 100 jeunes

nicaraguayens qui entrent à l’école, seuls 30 la terminent. Fernando Cardenal dresse un bilan peu complaisant de la situation à laquelle est aujourd’hui confrontée son pays. Un bilan qui pourrait passer pour de la propagande si les chiffres avancés n’émanaient pas de l’UNICEF.

Réalités des chiffres encore: selon l’UNICEF, que cite l’ex-ministre, le

Nicaragua compte aujourd’hui 60% de sans emploi. Un drame. Avec son lot de

problèmes sociaux et de misère… dans la capitale Managua, on estime que

le 10% des délits commis le sont par des enfants et que 3’000 gosses en

sont réduits au vol pour survivre. Pour 8% encore, la mendicité demeure le

moyen de faire quelque argent. Inconnue auparavant, la prostitution infantine à désormais fait son apparition: 350 cas de gamines mineures s’y adonnant ont ainsi été recensés par l’UNICEF. Et les chiffres sont sans doute

loin d’être exhaustifs. «Quel gâchis», constate Fernando Cardenal, encore

et toujours animé de la même volonté de se battre en faveur des plus démunis, pour la justice sociale qui n’a jamais cessé d’animer sa foi et la vision qu’il a du chrétien.

8 novembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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