Fribourg: réussiste de la 4e rencontre «Prier Témoigner»
Plus de 2’500 chrétiens de tous horizons rassemblés à l’Université
Fribourg, 7novembre(APIC) Plus de 2’500 personnes ont vécu samedi et dimanche à l’Université Fribourg la 4e rencontre «Prier Témoigner». Par la
prière, le chant, la danse, le mime ou le témoignage, chacun a pu dire la
foi qui rassemble tous les chrétiens, la foi en Jésus qui sauve. Jean Vanier, fondateur des communautés de l’Arche où vivent ensemble bien-portants
et handicapés, a rappelé l’amour inconditionnel de Dieu pour chacun au-delà
de tous les handicaps, physiques, mentaux, relationnels, affectifs. Le difficile pari de rassembler autour du thème «L’Eucharistie au coeur de
l’évangélisation» tous les chrétiens sans frontières d’âge, d’origine et de
sensibilité a été tenu.
«A travers les siècles, on n’a pas suffisament pris Jésus au sérieux. Si
cela était le cas, cela changerait le monde et l’Eglise». Jean Vanier ose
des expresssions fortes. Il n’use ni de l’autorité de l’officier de marine
qu’il fut durant et après la guerre, ni du savoir du professeur de
philosophie qu’il fut ensuite. Il use de l’expérience de l’homme qui a vu
sa vie bouleversée le jour où Raphaël et Philippe, deux handicapés mentaux,
sans avoir de mots pour le dire, lui ont posé cette question fondamentale:
«Est-ce que tu m’aimes?» Aimer n’est pas faire des choses pour les autres
ou les prendre en pitié. Aimer c’est révéler à l’autre sa valeur, sa
beauté. Le pauvre, qu’il soit malade, handicapé, marginal, exclu, drogué,
alcoolique, attend seulement d’être regardé comme un homme. A la manière de
Dieu, pour tout dire. Pour Jean Vanier, l’amour n’est jamais à sens unique,
le regard même du plus pauvre peut découvrir le puits de tendresse qui
sommeille en chacun, parfois, souvent, à travers la souffrance et la
douleur. Cet amour brise les hiérarchies et la compétition. Le monde
devient corps où chacun à sa place.
Un amour si fort qu’il peut faire dire à Jean-Baptiste, gravement handicapé suite à une erreur médicale: «La vie est si belle!»
Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire à Genève, reprenant le thème du
Congrès eucharistique de Séville en juin dernier, dont le rassemblement de
Fribourg se voulait une suite, a rappelé que l’Eucharistie est le lieu
privilégié où la communauté devient Corps du Christ.
Un grand nombre de gens, à l’issue d’une procession aux flambeaux, ont
passé la nuit devant le Christ, petite hostie blanche, à l’église SteThérèse. «Je Le regarde et Il me regarde», disait un simple paysan au curé
d’Ars.
Ce rassemblement était aussi l’occasion de multiples découvertes, celle
du groupe «Anima» par exemple. A travers leur concert de samedi après-midi
ces jeunes Jurasssiens ont montré qu’à travers une expression tout à fait
contemporaine, celle de la musique de variétés, ont peut aussi exprimer ses
doutes, sa foi, ses espoirs. A travers de nombreux ateliers, les participants ont pu avoir une approche concrète de nombreuses communautés de vie
nouvelles ou anciennes, de groupements, de nouveaux projets comme «l’Ecole
de la parole» du cardinal Martini qui sera lancée en janvier à Lausanne.
Autre présence dans la foule, celle des jeunes de l’Action des chrétiens
pour l’abolition de la torture (ACAT), cagoules noires, masques blancs,
chaînes aux mains, pour symboliser tous les hommes dont les droits son violés.
Le dimanche l’expression corporelle a tenu le devant de la scène avec le
jeu scénique des groupes «Foi et Lumière» du Valais qui ont fait revivre le
«tumulte» de la création avec le ciel et ses étoiles, la mer et ses poissons, la terre et ses animaux.
La communauté des sourds de Fribourg a présenté de son côté, au début de
la messe présidée par Mgr Henri Salina, évêque abbé de St-Maurice, une saisissante liturgie de la Parole… sans paroles. Les acteurs ont évoqué dans
un grand silence, en langue des sourds, la passion et la réssurection de
Jésus: Judas et ses trente deniers, le Christ et les apôtres, Anne et Caïphe, Pierre et le coq, Ponce Pilate et sa femme, les soldats au pied de la
croix, Jésus jaillissant du tombeau.
Deux jours pour se gonfler à bloc, dit une participante, pour se replonger dans la vie, dans un monde qui a un urgent besoin de retrouver ses valeurs.
A l’heure du bilan, Daniel Pittet, président de l’Apostolat de la Prière, et cheville ouvrière de cette rencontre aux côtés de Nicolas Michel, du
Père Bernard Bitschnau, et de bien d’autres, prend déjà rendez-vous pour
l’an prochain avec le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan.
(apic/mp)
Photos disponibles chez CIRIC, 8 Chemin des Clochetons, 1000 Lausanne, tél.
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