Mexique: Les agents pastoraux de San Cristobal solidaires de Mgr Ruiz
«Mettre en doute les options de l’évêque, c’est condamner
notre travail et celui de milliers d’hommes et de femmes»
San Cristobal, 4novembre(APIC) En mettant en doute le travail pastoral de
Mgr Samuel Ruiz Garcia, évêque de San Cristobal de Las Casas, c’est l’ensemble des agents pastoraux du diocèse que l’on condamne, protestent les
religieuses, religieux, prêtres et laïcs de ce diocèse situé dans la région
du Chiapas, au sud du Mexique. Dans un communiqué publié à l’issue d’une
assemblé extraordinaire, tenue à San Cristobal le 2 novembre, ces derniers
se déclarent solidaires de leur évêque, «invité» le 25 octobre par le nonce
à Mexico, Mgr Prigione, à présenter sa démission.
L’affaire fait actuellement grand bruit au Mexique. Et les rumeurs vont
bon train à la suite de la rencontre entre Mgr Girolamo Prigione, nonce
apostolique à Mexico, et Mgr Ruiz, «invité» à présenter sa démission. Mgr
Ruiz se voit notamment reprocher ses positions théologiques et ses pratiques pastorales, qualifiées de «non conformes».
Mgr Ruiz, âgé de 69 ans et à la tête du diocèse de San Cristobal depuis
1960 passe volontiers au Mexique et ailleurs en Amérique latine pour
l’»apôtre des Indiens». Il est connu pour son engagement en faveur de la
cause des indigènes, pour sa lutte contre les injustices et les violences
dont sont victimes ces mêmes indigènes. Dans une interview accordée mardi à
l’APIC, le porte-parole du diocèse de San Cristobal qualifiait de «politiques» les mesures prises à l’encontre de l’évêque. Un évêque qui, par ses
prises de positions et ses lettres pastorales, «dérange les grands propriétaires terriens et le gouvernement mexicain», affirme-t-on au Mexique.
«En mettant en doute la travail pastoral de Mgr Ruiz, en condamnant ses
pratiques pastorales et son orientation en faveur des pauvres, c’est l’ensemble des agents pastoraux du diocèse que l’on met en doute». Et en même
temps les milliers d’hommes et de femmes au service de la «nouvelle évangélisation», souligne-t-on dans le communiqué.
Ceux qui n’acceptent pas Vatican II
Le fait d’être menacés et poursuivis par les puissants parce que nous
assumons avec cohérence l’annonce de la résurrection ne nous étonne pas,
déclarent les agents pastoraux. «Les vexations, les tortures et la répression que subissent les pauvres nous indignent, mais nous remplissent de
courage pour proclamer à haute voix que Dieu veut la vie et non la mort;
pour dire que Dieu ne peut être complice de ceux qui s’acharnent sur leurs
frères».
Les agents pastoraux, qui en appellent au pape pour lui demander sa protection et sa bénédiction, se déclarent préoccupés et «profondément tristes» en constatant que «des membres de notre Eglise se sont prononcés négativement sur Mgr Ruiz». «Nous sommes persuadés que les doutes émis sur les
activités pastorales dans le diocèse ont pour origine des sources provenant
de personnes qui n’acceptent pas les rénovations ecclésiales et pastorales
nées de Vatican II et des dernières Conférences épiscopales latino- américaines». (apic/com/pr)




