Le séminaire du Noyau des études théologiques de la femme
Brésil: la délicate question de l’avortement ressurgit (021193)
souhaite que l’on tienne compte des conditions sociologiques
Sao Paulo, 2novembre(APIC) Le 4e Séminaire du Groupe des études théologiques de la femme en Amérique latine (NETRAL), tenu fin octobre à l’Institut
catholique Pie XI à Sao Paulo, a choisi cette année le thème «faute et
plaisir». La question de l’avortement a été largement abordée en écho à la
discussion actuellement en cours au parlement et largement reproduite dans
les médias.
Les participants au séminaire ont abordé le point de vue de la théologie
et de l’éthique chrétiennes, tout en mettant aussi en évidence la résistance et les préoccupations des femmes noires, indiennes, paysannes et d’autres groupes habituellement marginalisés dans la société brésilienne.
Ne pas en rester aux discours romantiques
Les participants estiment que l’heure est enfin arrivée pour que l’on
sorte ce thème de la clandestinité où on le maintient trop souvent, en rappelant qu’historiquement et culturellement cette question polémique et douloureuse est vécue par une grande partie de la population féminine brésilienne. Ainsi, une des souffrances qui survient dans la question de l’avortement au Brésil est surtout le résultat de la culpabilisation imposée par
l’Etat et par la morale des Eglises. Il y a tout un mécanisme socio-économique qui crée une réalité abortive alors que la violence de la punition
est vécue individuellement par la femme. Ainsi la gravité de l’avortement
au Brésil réside aussi dans la clandestinité et dans les conditions dans
lesquelles il est pratiqué, spécialement par les femmes des classes populaires.
A la fin du séminaire, les participants ont conclu qu’il est impossible
de discuter la question de la contraception et de l’avortement en dehors de
l’histoire et du contexte socio-politique et économique. Ils ont rappelé
également que la vie quotidienne de chaque femme est un des éléments déterminants à ne pas oublier pour porter un jugement éthique sur une décision
d’avortement. La libre décision, ont-ils dit avec force, reste un principe
et un droit essentiel de la citoyenneté et de la démocratie.
Absence des femmes dans le processus de la formation théologique
Le Groupe des Etudes théologiques de la femme en Amérique latine a enfin
exigé que les Eglises acceptent aussi des femmes théologiennes dans les
centres de formation des ministères et dans les Facultés de théologie. Ils
ont déploré une quasi- absence de femmes dans ce domaine.
Les participants au séminaire, hommes et femmes, se forment actuellement
à l’Institut oecuménique, aux Facultés de théologie baptiste, méthodiste,
presbytérienne et des Facultés de théologie catholique d’Assunçao et de Pie
XI.
Solidarité avec soeur Ivone Gebara
Ayant appris que la religieuse et théologienne Yvone Gebara, de Recife,
avait été l’objet de pressions de ses supérieures pour avoir abordé publiquement la question de l’avortement, les participants ont rédigé une lettre
de protestation adressée à Mère Pompeia Bernascone, supérieure da Congrégation des Soeurs de saint Augustin, dont fait partie soeur Ivone. Dans cette
lettre, les signataires se solidarisent avec la position de soeur Yvone Gebara qui, à leurs yeux, «a courageusement admis la discussion sur ce thème
difficile, tout en se distançant, sur certains points, des positions traditionnelles de l’Eglise catholique». N’est-ce pas une tentative de restreindre la liberté d’expression dans l’Eglise, un droit pourtant inaliénable de
l’être humain ?, demandent les participants au séminaire. (apic/em/ba)




