Un message de Noël critique pour les autorités de Khartoum

Soudan: Appel des évêques catholiques pour mettre fin à la guerre (201293)

Khartoum, 20décembre(APIC) Malgré les promesses de libéralisation faites

par les autorités soudanaises à l’occasion de la visite de Jean Paul II à

Khartoum le 10 février dernier, les discriminations à l’égard des non-musulmans subsistent au Soudan. Les évêques catholiques soudanais protestent.

Dans une lettre pastorale à la veille de Noël, les évêques catholiques

du Soudan dénoncent une nouvelle fois la différence de traitement dont les

chrétiens sont victimes sous le régime de la «sharia» et lancent un appel

pour que toutes les parties en conflit mettent un terme à la guerre civile

qui ensanglante le pays.

Dans leur message, les évêques du pays demandent aux différents protagonistes de mettre fin à la tuerie de façon décidée et inconditionnelle. La

junte militaire du général Omar Hassan Ahmed el-Béchir au pouvoir à Khartoum, qui jouit du soutien des fondamentalistes sunnites locaux ainsi que

du soutien de l’Iran chiite, mène la guerre principalement contre les populations non arabes – animistes et chrétiennes – qui peuplent le Sud du Soudan. Les évêques, qui sont d’accord de jouer un rôle de médiateurs, demandent un cessez-le-feu immédiat, dont l’application doit cependant être soumise à la surveillance internationale. Ils souhaitent la mise sur pied d’un

dialogue national auquel doivent prendre part en premier lieu les groupes

de populations les plus touchés par la guerre.

Les évêques catholiques du Soudan rappellent les récentes promesses du

général el-Béchir de commencer un dialogue national sur la base de la liberté religieuse. «Nous devons cependant constater que de nombreuses personnes, en particulier aussi les chrétiens, sont exclus de ce dialogue ou

se sont exclus d’eux-mêmes». Mais, déplorent-ils, chaque citoyen a le devoir de participer à la construction de son pays.

Dans leur message de Noël, les responsables de la minorité catholique

dénoncent encore la pratique largement répandue des déportations de populations et lancent un appel aux autorités pour qu’elles mettent fin à cette

«pratique inhumaine». Ils critiquent également le fait que les organisations caritatives chrétiennes n’aient pas la possibilité d’aider les réfugiés, contrairement aux promesses du gouvernement.

Seules les organisations islamiques étatiques ont le droit d’exercer des

activités d’entraide. Le régime en place à Khartoum avait pourtant promis

de ne pas discriminer les chrétiens au niveau administratif, mais ces promesses n’ont pas été tenues. Ainsi, lors de construction de routes, l’on

n’hésite pas à détruire des églises ou d’autres installations chrétiennes,

sans toucher aux lieux de culte musulmans. (apic/kna/be)

20 décembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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