APIC-Interview
Actualité: Dans quelques jours, Mgr Henri Salina, évêque-abbé de Saint-Maurice, aura quitté la présidence de la Conférence des évêques suisses. A la fin de ce mandat de trois ans, il a accordé une interview à l’agence APIC où il ne dresse pas un bilan exhaustif de sa présidence, mais en souligne quelques moments forts. JB
Mgr Salina achève son mandat de trois ans comme président de la CES
Un modérateur au gouvernail d’une Eglise suisse dans la tourmente
Jacques Berset, Agence APIC
Fribourg/Saint-Maurice, 18 décembre 1997 (APIC) Sa devise – «La joie de l’espérance» – n’est pas seulement tout un programme, c’est aussi l’expression d’un tempérament et d’une nature. Sans se départir d’un humour coutumier qui passe si bien dans les médias, Mgr Henri Salina, évêque-abbé de Saint-Maurice, lance spontanément: «Je suis de caractère optimiste, mais pas ’baba cool’, hein !».
A la veille de remettre à Mgr Amédée Grab la présidence de la Conférence des évêques suisses (CES) – mandat qu’il a exercé durant trois années agitées pour l’Eglise en Suisse -, Mgr Henri Salina a abordé pour l’agence APIC quelques moments forts de sa présidence. «Ma façon de voir les choses est marquée par un des textes majeurs qui m’habitent un peu, le texte de saint Paul aux Romains où il dit: qui nous séparera de l’amour de Dieu ?»
A la jeunesse d’esprit, Mgr Salina allie la sérénité de l’expérience. Avec Mgr Georg Holzherr, abbé d’Einsiedeln, doyen de fonction de la CES – il y siège depuis octobre 1969 – , Mgr Salina est en effet membre de la Conférence depuis juillet 1970. Au sein de la CES, il nous dit avoir vécu – par delà les moments plus clairs et les périodes plus sombres – «de très beaux moments de fraternité et de convivialité».
Au niveau de l’Eglise universelle, Mgr Salina rappelle la dernière visite «ad limina» en septembre dernier à Rome. Il dit avoir bien vécu la rencontre avec les plus hautes instances de l’Eglise: «J’ai un bon contact avec le Saint-Père». Une anecdote: en mai dernier, à l’occasion de la cérémonie de prestation de serment de la Garde suisse, au pape qui arrivait tout voûté, Mgr Salina s’est présenté comme président de la CES. Jean Paul II s’est relevé et avec des yeux pétillants, il a dit en souriant: «Oui, oui, le président de la République!»
APIC: Mgr Salina, en décembre 1994, à la veille d’entamer vos trois ans de présidence de la CES, vous ne vouliez pas aborder votre tâche en «patron des évêques suisses». Votre rôle au gouvernail, vous le considériez plutôt comme celui d’un modérateur…
Mgr Salina: Effectivement, j’ai eu un rôle de modérateur, qui m’a beaucoup apporté. Si ma tâche en tant que président de la CES n’a pas toujours été simple, elle a tout de même été facilitée par l’extrême fraternité de tous les confrères de la Conférence – je dis bien tous les confrères… Comme porte-parole des évêques, en particulier vis-à-vis des médias, j’ai essayé de trouver un langage vrai, clair, proche des gens, pas trop «ecclésiastique». J’ai toujours été heureux de rencontrer la presse et j’ai l’impression d’avoir eu d’excellents rapports avec elle.
APIC: Vous souhaitiez qu’à la fin de ces trois ans, l’on puisse dire: «Il a été utile à tous sans nuire à personne!». Avez-vous pu réaliser cet objectif, alors que l’Eglise en Suisse traversait une zone de tempête comme elle n’en avait plus connue depuis longtemps ?
Mgr Salina: D’abord, je sais que l’Eglise – qui est bien plus vaste que l’Eglise qui est en Suisse ! – est dans la tourmente déjà depuis la Pentecôte. D’autre part, si l’on réfléchit bien, la difficile période du Kulturkampf n’est pas si éloignée: à peine plus d’un siècle. Des reliques de cette période révolue subsistent encore dans un article de la Constitution fédérale, qui pose des restrictions à la création de nouveaux diocèses. En fait, on a toujours été à naviguer dans des eaux agitées.
Si je resitue nos problèmes suisses par rapport à l’histoire et à la géographie du monde, en regard de 2000 ans d’Eglise, je ne les minimise pas pour autant. Ce sont des problèmes importants, qui ont demandé beaucoup d’attention, mais j’essaye de les lire à l’échelle du reste de la planète: il ne faut tout de même pas en faire des montagnes! Il n’y a pas à s’affoler. L’Eglise, à travers ce monde, comme elle remonte à contre-courant, a toujours été secouée.
APIC: A peine arrivez-vous à la présidence qu’éclate en janvier 1995 «l’affaire Gaillot», la révocation par Rome de l’évêque «dérangeant» d’Evreux. Vous êtes immédiatement interpellé de toutes parts. Cette blessure s’est-elle entre-temps vraiment cicatrisée ?
Mgr Salina: Au moment de «l’affaire Gaillot», j’étais en contact assez étroit avec le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Joseph Duval; j’assistais même à une réunion avec lui quand il a reçu le téléphone annonçant la décision romaine. Le plus important pour nous, dans toute cette histoire, ce sont les nombreuses interpellations que cette décision a provoquées, surtout en Suisse romande.
Au-delà du cas particulier de Mgr Jacques Gaillot, ces réactions manifestaient autre chose: beaucoup de gens dans l’Eglise ont l’impression de ne pas être tellement écoutés, que l’Eglise n’est pas assez proche de leurs problèmes quotidiens. Ceux qui ont désapprouvé la décision romaine voyaient en l’évêque d’Evreux une personne «de proximité», qui les comprenait et qui parlait leur langage. Pas un prélat lointain et théorique. Cela a révélé un vrai malaise. Certes, l’effet médiatique de «l’affaire Gaillot» s’est quelque peu estompé, mais les questions des gens restent: le besoin d’écoute, de sympathie, de cordialité, de proximité, de prise en compte de la réalité concrète. J’y suis très sensible.
APIC: Parmi les souffrances endurées durant cette période, il y a eu la démission surprise en juin 1995 de Mgr Hansjörg Vogel, évêque de Bâle, pour raison de paternité. Si cet événement douloureux ne remet pas en question le célibat ecclésiastique, il a révélé le «désert affectif» dans lequel vivent un certain nombre de prêtres. Voyez-vous des solutions pour y faire face comme l’ordination d’hommes mariés (»viri probati») ou l’accès de femmes au diaconat ?
Mgr Salina: Le départ, dans des circonstances pénibles, de Mgr Vogel, qui était membre du présidium de la CES, a été pour moi une source de vraie souffrance. C’était un coup dur, qui a également révélé d’autres problèmes, comme la solitude affective de certains prêtres. Je ne crois pas que la conclusion à en tirer soit celle-ci: les prêtres n’ont qu’à se marier. Quand je vois le nombre de couples autour de moi qui éclatent… Ce n’est pas forcément la bonne voie. En tant que chanoine régulier, je peux tout de même proposer comme solution la vie commune des prêtres – même là, on ne peut éviter des accidents – avec plus d’approfondissement et davantage de partage.
Pour les «viri probati», l’horizon semble actuellement bouché. L’Eglise nous dit que ce n’est pas une voie à explorer pour l’heure. C’est un problème qui devrait être résolu par un pape ou traité par un Concile. Quand on voit aujourd’hui en Angleterre le nombre d’ordinations de prêtres mariés venant de l’Eglise anglicane, on constate bien que ce n’est pas une impossibilité théologique.
Quant à l’accès des femmes au diaconat, il faut d’abord se demander de quel diaconat on parle. Nous devons étudier le problème du point de vue théologique et historique; c’est une question qui mérite qu’on y réfléchisse.
APIC: Un tel événement pose la question de la surcharge des prêtres, toujours moins nombreux face à des demandes qui se diversifient et deviennent plus complexes. Il existe beaucoup de bonne volonté et un grand désir d’engagement chez les laïcs. Ne risquent-ils pas de se sentir mis de côté par la récente Instruction romaine sur la collaboration des laïcs au ministère des prêtres, et finalement de se décourager ?
Mgr Salina: Pendant cette période, j’ai connu un certain nombre de grands documents. Il a fallu faire face aux réactions suscitées par la lettre apostolique de Jean Paul II sur l’ordination exclusivement réservée aux hommes, «Ordinatio sacerdotalis» (publiée le 31 mai 1994), qui a pour le moins créé un certain émoi. J’ai eu aussi à prendre acte – mais là, nous avions pu très bien préparer l’information en collaboration avec une équipe de journalistes – de l’encyclique «Evangelium vitae», le 30 mars 1995.
La récente Instruction romaine «sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres», publiée le 13 novembre dernier, nous pose problème. Elle nous semble difficile à asséner aux fidèles de cette façon aussi abrupte et si peu nuancée. Il faut reconnaître qu’un certain nombre de problèmes se posent, mais personnellement, j’ai trouvé le langage utilisé pas très adroit.
Les problèmes semblent certes moins aigus en Suisse romande qu’en Suisse alémanique ou en Allemagne par ex., pour des questions de mentalités, de sensibilités, d’héritage historique. C’est peut-être paradoxal, mais l’Eglise en Suisse romande a beaucoup moins de moyens financiers à disposition, situation due notamment dans certains endroits à l’absence de structures ecclésiastiques cantonales fortes. Grâce à ces structures, l’Eglise dispose en Suisse alémanique de davantage d’argent, ce qui a permis l’engagement de laïcs, mariés, pères ou mères de famille. Nous n’avions pas ces possibilités, mais nous disposions par contre de notre côté d’un personnel ecclésiastique plus nombreux.
En Suisse romande, comme en France, la surprise a été d’autant plus grande de voir tomber ce document de cette manière. Pour qui cette immense artillerie ? Il faut reconnaître avec honnêteté, ici ou là, une certaine perte du sens de la sacramentalité de l’Eglise. Derrière tout cela se situe un problème d’ecclésiologie. Une personnalité comme Mgr Kurt Koch, le nouvel évêque de Bâle, a la théologie voulue pour aborder et discuter ces questions. Il y a un vrai problème.
A voir la diversité des cultures qui existe déjà en Suisse, je suis très étonné de constater, alors que l’on parle partout ailleurs d’inculturation, que ce document tire avec les mêmes boulets rouges sur la Patagonie, le Sud de l’Allemagne, l’Islande ou le Canada… Il me semble que le document manque de nuances.
Dans ce document, point la crainte de la perte de la sacramentalité de l’Eglise. La tendance actuelle vise à réduire le service dans l’Eglise à des fonctions et des pouvoirs. Evidemment, je reconnais qu’il y a des multitudes de femmes en Suisse qui sont plus cultivées et plus calées en théologie que moi, mais ce n’est pas là que se situe le problème. Encore que l’on sait bien qu’il y a l’aspiration des communautés à être nourries… Tous ces débats nourrissent la réflexion. Je pense qu’il devrait y avoir un nouveau Concile au prochain millénaire.
APIC: Pouvez-vous considérer que la tempête suisse s’est apaisée avec le déplacement de l’évêque de Coire, promu archevêque du Liechtenstein ? Y a-t-il, comme l’a déclaré à maintes reprises le cardinal Henri Schwery, d’autres problèmes plus profonds dans l’Eglise en Suisse cachés par la polémique autour de Mgr Haas ?
Mgr Salina: Sous ma présidence, en trois ans, j’ai vu changer les six sièges des diocèses suisses, puisque le siège de Coire est désormais vacant. Le départ à Vaduz de Mgr Haas ne résout pas tous les problèmes de Coire ni ceux qui touchent le reste de l’Eglise en Suisse. J’en ai mentionné quelques-uns uns plus haut.
APIC: La CES s’est prononcée dans le domaine éthique, social et politique: sur la bioéthique, les immigrés, la vie à naître, le caractère sacré du dimanche, la politique de la drogue, etc. Le public aujourd’hui attend des prises de position sur les «méga-fusions» qui entraînent la perte de milliers d’emplois et sèment l’angoisse dans les familles. L’Eglise n’est-elle pas l’un des derniers lieux qui résiste encore à la «pensée unique» imposée par un néolibéralisme triomphant ?
Mgr Salina: Les nombreuses prises de position de la CES ont toujours rappelé que l’homme prime sur l’économie. A travers la grande consultation œcuménique sur l’avenir économique et social de la Suisse, qui va être lancée très prochainement, les Eglises ouvrent un large processus de réflexion. Il nous donnera l’occasion de dire une parole face au drame de tant de gens qui perdent leur emploi en raison de processus de fusion et de concentration d’entreprises. Uniquement pour faire davantage de profits, accaparés par quelques-uns !
Quel avenir, quelles perspectives offrons-nous aux jeunes quand partout s’installe l’individualisme, la mentalité de survie individuelle, la compétition au détriment de la solidarité ? Si les gens étaient un peu attentifs à tous les documents sociaux publiés par l’Eglise à partir de Jean XXIII… on y trouve des jugements suffisamment clairs pour se forger une pensée éthique. Mais nous sommes extrêmement petits. Même les hommes politiques sont devenus impuissants. Ce qui parle le plus fort aujourd’hui, c’est l’argent, le faux Dieu, Mammon. Nous sommes ici en face d’une énorme interrogation éthique. (apic/be)
Le président Aristide toujours persuadé de son retour en Haïti (040394)
APIC – INTERVIEW
«C’est le désir profond de 90% des Haïtiens»
Sergio Ferrari, pour l’Agence APIC
Genève, 4mars(APIC) Près de 29 mois d’exil et une répression intense contre ses partisans – qui a déjà fait plusieurs milliers de victimes dans la
population de l’île – n’ont pas dissuadé le président haïtien Jean-Bertrand
Aristide de penser que son retour en Haïti reste possible. «Notre retour au
pays est le gage de la démocratie retrouvée. Et c’est là le voeu de près de
90% d’Haïtiens», a-t-il confié à l’agence APIC lors de son passage à Genève jeudi.
Le président constitutionnel d’Haïti n’a pas renié ses convictions chrétiennes engagées. Il espère retrouver un jour son palais présidentiel usurpé par une junte militaire dont les méthodes répressives, saluées par les
milieux nostalgiques du duvaliérisme, ont déjà fait près de 5’000 victimes.
Le Père Aristide déplore cependant que l’embargo imposé par la communauté
internationale à Haïti soit si mal appliqué – la frontière avec la République dominicaine reste largement ouverte -, et permet aux auteurs du putsch
militaire sanglant qui l’a renversé de rester au pouvoir à Port-au-Prince.
A son avis, la Communauté internationale ne prend pas ses responsabilités,
car si l’embargo était réellement appliqué, même s’il fait souffrir le peuple durant une courte période, permettrait d’abréger son martyre.
APIC: Doit-on redouter une prochaine explosion populaire en Haïti?
J.B.Aristide:Ce qui se passe en Haïti est un génocide. Il s’agit de crise
plus profonde encore que les précédentes dont le but est de renforcer une
structure de répression et d’exploitation qui dure déjà depuis 200 ans.
J’affirme cependant que le coup d’Etat est un échec d’un point de vue diplomatique et sociologique. Certes, du point de vue de la junte militaire,
on peut le considérer comme une opération «réussie»…. mais dans le sens
du massacre et du génocide d’un peuple.
APIC: Ce qui veut dire que les auteurs du coup d’Etat ne jouissent d’aucune
sympathie à l’intérieur du pays et qu’ils n’ont à aucun moment été capables
de se créer une base sociale?
J.B.Aristide:Exactement. La hiérarchie militaire, qui n’est rien d’autre
qu’un groupe de criminels, tient aussi bien l’armée que la population en
otage. Je suis convaincu que ce groupuscule ne peut être à long terme plus
fort que le peuple et que la communauté internationale.
APIC: Certains députés haïtiens viennent de proposer un plan de paix qui ne
fait nullement mention d’une date précise pour votre retour. Quelques secteurs aux Etats-Unis appuient cette proposition. Ne vous sentez-vous pas
quelque peu mis sur la touche, isolé?
J.B.Aristide:67% de la population haïtienne a voté en notre faveur en
décembre 1990. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que près de 90% du peuple croit possible mon retour, un retour synonyme de démocratie. Avant de
prendre en compte «la grande politique internationale», il faut analyser ce
que veut le peuple haïtien. Nous sommes disposés à avancer avec ceux et
celles qui respectent notre dignité, qui acceptent le résultat des élections de 1990 et qui parient sur la restauration de la démocratie dans mon
pays.
APIC:Pourquoi vous opposez-vous à nommer depuis votre exil un autre Premier ministre haïtien…
J.B.Aristide:Il n’est pas imaginable ni pensable de nommer un nouveau
Premier ministre tout en sachant que l’ancien, qui a finalement renoncé, ne
pouvait même pas se rendre jusqu’au palais gouvernemental en raison des menaces et de la répression. Le gouvernement ne pouvait pas gouverner. Je
vous rappelle en outre que le ministre de la Justice a été assassiné dans
l’exercice de ses fonctions. Je le répète, les militaires doivent respecter
l’Accord de Governor Island signé le 3 juillet 1993 et s’en aller. C’est
ensuite que nous pourrons alors travailler avec le peuple haïtien pour la
naissance d’un véritable Etat de droit.
APIC:La position des pays des Caraïbes et du gouvernement américain demeure peu claire voire ambiguë face à la crise haïtienne… Quel est votre
sentiment à ce sujet?
J.B.Aristide:Je vous ferai remarquer que j’aime observer et écouter, et
que je cultive les contacts avec les Etats-Unis, la France, le Canada et la
communauté internationale. Mais honnêtement, je vous dirai que je préfère
regarder le peuple haïtien, qui est le principal acteur et le sujet historique. C’est à partir de lui que je regarde l’histoire. Et je suis fier de
constater qu’il continue à lutter pacifiquement pour la dignité et le respect de ce qui est sorti des urnes. Aux Etats-Unis, nous avons des alliés
au Parlement et dans la société…. même au gouvernement. La semaine passée
encore, le président Clinton a réaffirmé à travers son ambassadeur au Vatican sa volonté d’aller de l’avant avec nous. Avec Clinton, nous avons dialogué durant deux heures. Notre entretien a été très intéressant…. et je
suis persuadé que le président américain entend aller dans la bonne direction.
APIC:Votre confiance dans le peuple haïtien est illimitée…. mais jusqu’à
quand supportera-t-il encore cette terrible répression, cette marginalisation…
J.B.Aristide:Il faut rester prudent. Mais on peut comprendre qu’il est
légitime qu’un peuple puisse un jour modifier sa stratégie après avoir agi
et utilisé tous les moyens possibles et non violents dans sa lutte. En observant la marche historique d’Haïti, il est impossible de dire jusqu’à
quand cette stratégie se prolongera avant de se modifier.
APIC: Vous n’excluez donc pas que la lutte devienne un jour violente?
J.B.Aristide:Nous sommes un peuple non violent, historiquement victime
de la violence institutionnelle. Nous optons pour agir avec les lois, parce
que c’est là que nous sommes forts. Les militaires possèdent les armes et
ont toujours choisi la force. Nous, il nous reste les armes de la loi, du
droit, de l’éthique et de la non violence. (apic/traduit de l’espagnol par
Pierre Rottet)




