Absence d’harmonisation fiscale entre cantons dénoncée

Suisse: Les Eglises protestantes de Suisse romande stigmatisent la logique économique

Lausanne, 18 septembre1997(APIC) La fusion des deux grandes banques suisses UBS/SBS et le transfert du siège de l’entreprise de Martin Ebner de Zurich à Schwytz suscitent des réactions de la part des Eglises protestantes de Suisse romande. Le manque de «civisme et de solidarité» choque profondément l’Eglise nationale protestante de Genève. Quant à l’Eglise réformée vaudoise, elle appelle les milieux économiques, politiques et les Eglises à trouver ensemble des solutions. A Neuchâtel, une réaction est encore en préparation. Elle devrait rallier l’adhésion des principales Eglises et communautés religieuses du canton.

Le déplacement de la société de Martin Ebner, qui permet à ce dernier de soustraire au fisc zurichois d’importants montants, n’a rien d’illégal, rappelle le Conseil de l’Eglise genevoise. «Mais on aurait pu attendre d’une personnalité aussi en vue dans notre pays qu’elle fasse preuve d’esprit civique, c’est-à-dire qu’elle se soucie de l’intérêt collectif. Force est de constater que M. Ebner n’a cure de la solidarité dont l’impôt est une des expressions», relèvent les autorités de l’Eglise protestante de Genève, qui montrent du doigt l’absence d’harmonisation fiscale entre les cantons.

Le succès économique ne peut faire fi de l’être humain

Pour le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud, s’exprimant sur les grandes fusions et les transferts de sièges sociaux, «le succès économique ne saurait faire fi de l’être humain». L’exécutif de l’Eglise vaudoise estime «immoral de faire financer par les contribuables déjà fortement touchés par la crise les énormes bénéfices produits par les fusions ou les délocalisations d’entreprise». Comme l’Eglise genevoise, l’Eglise vaudoise rappelle dans son communiqué que «l’éthique n’est pas une question personnelle seulement. Pour les deux Eglises, «il faut s’engager à combattre les législations qui entravent la solidarité et contribuent à appauvrir le pays».

A Neuchâtel, une réaction similaire rédigée par l’Eglise réformée est en préparation. Elle sera vraisemblablement signée par les Eglises catholique romaine, catholique-chrétienne et par des représentants des Eglises méthodiste et mennonite. Car, comme l’a précisé au Service de presse protestant (SPP), Jean-Luc Vouga, le chancelier de l’Eglise réformée, «le choc causé par la fusion des deux banques et la «pirouette» de Martin Ebner justifient que les Eglises se mobilisent de cette manière». (apic/spp/ba)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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