Rome: Le cardinal Arinze récuse toute «compétition» avec l’islam en Afrique.

L’individu doit rester libre de choisir

Rome, 23 décembre 1997 (APIC) «Ce n’est pas une partie de foot, et je n’utiliserais pas les mots de `compétition’ ou de `victoire’ (…) mais l’Afrique est le continent où le taux de croissance des chrétiens est le plus intense». En charge à Rome du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal nigérian Francis Arinze s’insurge contre toute vision conflictuelle de conquête entre le catholicisme et l’Islam en Afrique.

Pour le cardinal qui s’exprime ainsi dans le quotidien «La Repubblica» du 23 décembre la différence entre ces deux religions repose sur «la méthode» : «l’individu doit rester libre de choisir» et les gouvernements «ne doivent pas promouvoir la religion «.

Sur l’activité de son dicastère, chargé de mener le dialogue avec toutes les religions non chrétiennes, le cardinal Francis Arinze, répond par une boutade : «L’Eglise n’est pas un club qui se réunit à Saint-Pierre pour chanter en latin. Nous devons chercher l’homme partout où il se trouve, même s’il n’est pas croyant.» Il ajoute : «La doctrine sociale de l’Eglise n’est pas quelque chose qui s’arrête aux frontières religieuses. L’Eglise se préoccupe de l’homme avant de lui demander à quelle religion il appartient».

Interrogé sur les relations interreligieuses avec le monde asiatique, le cardinal reconnaît que «nous avons pu commettre des erreurs par le passé, mais beaucoup regardent le christianisme avec beaucoup de sympathie». Il cite alors l’exemple des japonais, de plus en plus nombreux à demander une bénédiction catholique pour le mariage alors qu’ils sont bouddhistes ou shintoïstes.

Sur l’Afrique, le cardinal récuse la vision de conquête de marché qui opposerait l’Islam et la religion catholique : «Nous disons que toute personne a droit à la liberté religieuse. Les musulmans veulent propager l’Islam, nous voulons propager le christianisme. Le désaccord vient des méthodes. L’individu doit rester toujours libre de choisir la façon d’honorer Dieu et même de changer de religion. Je ne dis pas que l’on puisse changer de religion comme de chemise, c’est un choix responsable face à Dieu, mais l’Etat doit laisser la personne libre (…) Nous pensons que les structures gouvernementales ne doivent pas promouvoir la religion, alors que la vision musulmane ne distingue pas entre politique et religion».

Enfin, interrogé sur la nouvelle religiosité ambiante et de celle du troisième millénaire, le cardinal répond que la religion est une dimension fondamentale de la vie humaine : «Qui a dit que la technologie moderne doit marginaliser la foi comme si la religion était quelque chose pour les enfants et les vieillards qui se préparent à l’examen final ? Non, la religion est pour les hommes robustes et normaux. Qui n’a pas de religion n’est pas normal et s’il ne le sait pas quelqu’un doit lui dire – sans l’insulter – mais avec une clarté suffisante.» (apic/imed/mp)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!