Congrégation pour le Clergé, «Directoire général pour la catéchèse», Bruxelles/Paris, Lumen Vitae/Bayard-Editions-Centurion/Cerf, 1997, 326 pages
Sénégal: Noël dans une Casamance fragilisée par la violence
Une Fête morose pour les catholiques de cette région
Dakar, 28 décembre 1997 (APIC) Les catholiques sénégalais vivant en Casamance (région sud du pays) ont fêté Noël sans engouement en raison de la recrudescence de la violence dans cette partie du pays, secouée depuis décembre 1983 par une lutte pour l’indépendance de cette région. En une semaine, 19 personnes ont été tuées et 27 autres blessées lors d’attaques rebelles ou par des mines terrestres.
Dans certaines localités de la région, notamment dans le département de Bignona (à une trentaine de km au nord la Ziguinchor; la capitale régionale), la messe de minuit a été célébrée mercredi en fin d’après-midi mercredi à 17h déjà. D’autres fidèles ont purement décidé, contre leur volonté et par mesure de sécurité, de renoncer à participer, à la messe.
Dans son traditionnel message radiotélévisé, l’archevêque de Dakar, le Cardinal Hyacinthe Thiandoum, a évoqué cette situation d’insécurité en Casamance pour demander à tous les croyants, de «ne pas baisser les bras devant la violence qui s’accroît tous les jours».
L’Eglise sénégalaise, rappelle-t-on au Sénégal, est engagée dans une recherche de solution à la crise en Casamance qui s’est aggravée depuis l’été dernier après l’assassinant d’un groupe de 26 soldats sénégalais dont des officiers, par des éléments armes supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), l’organisation séparatiste qui lutte pour l’indépendance de cette région méridionale séparée du reste du Sénégal par un autre état indépendant, la république de Gambie (anglophone).
En s’investissant davantage dans le règlement du conflit, après la reprise des hostilités en septembre et octobre dernier, les évêques du Sénégal, déjà heurtés par l’engagement d’un prêtre à la tête de la guérilla, ont fait pression sur l’abbé Diamacoune Senghor. Le prêtre-rebelle avait dans une récente lettre aux évêques du pays exprimé sa «volonté ferme et immuable de promouvoir la paix (…)». Il avait, par la même occasion, proposé la date des «Fêtes de Noël» pour l’ouverture des négociations. (apic/ihc/pr)




