Massacre des réfugiés, les intérêts avant les droits de l’homme
Suisse: Les Pères Blancs interpellent l’ambassade américaine sur les massacres au Congo
Fribourg, 3 novembre 1997 (APIC) Les Pères Blancs se déclarent «profondément choqués» de la passivité et du silence des Etats-Unis à propos des massacres à grande échelle dont ont été victimes les réfugiés rwandais dans l’Est de l’ex-Zaïre.
Dans une lettre adressée vendredi à l’ambassade des Etats-Unis à Berne, le supérieur provincial suisse des Missionnaires d’Afrique, le Père Josef Buholzer, à Fribourg, se demande pourquoi un pays comme les Etats-Unis n’a rien entrepris pour empêcher les attaques contre les réfugiés rwandais et leur massacre dans l’ex-Zaïre, en 1996 et en 1997.
Les Etats-Unis savaient
Interpellant l’ambassadrice Madeleine May Kunin, le Père Buholzer affirme que le gouvernement américain était à l’époque informé des attaques et des bombardements contre les camps de réfugiés de la région du Kivu. Washington savait que des centaines de milliers de réfugiés en fuite étaient cruellement persécutés et massacrés et que d’autres mouraient de faim. Ces attaques étaient menées par les troupes congolaises de l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila en collaboration avec les soldats rwandais de l’APR.
«Tout cela s’est passé alors que votre gouvernement le savait», souligne le provincial des Pères Blancs. Le Père Buholzer admet qu’il se trouvait parmi les réfugiés des éléments des anciennes Forces Armées Rwandaises (FAR) et des milices Interahamwe qui ont participé au génocide au Rwanda. «Mais fallait-il vraiment que des centaines de milliers de réfugiés innocents soient victimes de cette persécution ?», se demande-t-il. Et le religieux suisse de laisser entendre que les intérêts économiques américains au Congo et au Rwanda ainsi que l’extension de la sphère d’influence politique américaine dans cette région d’Afrique ont pesé plus lourd que le sort des réfugiés. Des victimes «qui ont été assassinées ou qui sont mortes dans le silence de la forêt congolaise». (apic/be)




