Quatre décennies de terreur
Malgré la signature des accords de paix, il y a un an, le Guatémala peine à sortir de quatre décennies de régime de terreur imposé en 1954 à la suite du renversement, par les militaires appuyés par la CIA, du gouvernement progressiste de Jacobo Arbenz Guzman. Cette terreur, imposée à toute une population par l’armée, sorte de garde prétorienne aux ordres d’une petite oligarchie métisse accrochée à ses privilèges, a fait 150’000 morts, des dizaines de milliers de «disparus» et de torturés, des réfugiés et des déplacés par centaines de milliers.
Des communautés indiennes dressées les unes contre les autres, divisées et manipulées par l’armée, embrigadées dans les patrouilles d’autodéfense civile (PAC) pour combattre la guérilla, pourchassées dans les montagnes. Pour finir regroupées de force, dans le cadre d’un programme de «contra-insurreccion», dans des «villages-modèles» du genre des «hameaux stratégiques» expérimentés par les Américains au Vietnam. Cette guerre sale a déchiré un tissu social qu’il sera bien difficile à réparer… (apic/be)




