Lourdes: 111 évêques réunis en assemblée plénière
Comment gérer «l’après» de la rencontre des jeunes à Paris?
Lourdes, 4 novembre 1997 (APIC) Comment inscrire l’élan des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) dans la durée? Gérer l’après-JMJ. et la mise en oeuvre du discernement engagé par la «Lettre aux catholiques de France» sont les points-clefs de l’ordre du jour de l’assemblée plénière de la Conférence des évêques de France qui s’est ouverte mardi à Lourdes.
Jusqu’au 10 novembre, les 111 évêques présents plancheront sur neuf dossiers, dont la question des vocations et du contenu de l’enseignement donné aux futurs prêtres. La Lettre aux catholiques de France «un an après» et les Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) «quelques semaines après». Mettre en parallèle ces deux sujets comporte le danger de rapprochements faciles, a admis Mgr Billé, président de la Conférence épiscopale française. Mais les questions sont souvent posées aux évêques au lendemain des JMJ – comme si certains craignaient de voir retomber le soufflé: «Est-ce que vous en voyez déjà des fruits ?» «Et maintenant, qu’est-ce que vous faites ?»
A la première question, Mgr Billé répond qu’il est des fruits qui ne viendront à maturité qu’avec le temps. Que les fruits sont «déjà et d’abord dans ce qui a été vécu». Et qu’il y a déjà des fruits. La hâte de beaucoup, «même si elle est grevée de quelques ambivalences», à vouloir que quelque chose se fasse, sous-entend le désir que la jeunesse soit évangélisée. La joie et l’espérance d’avoir été «témoins émerveillés de ce qui s’est passé», a relevé Mgr Billé, a permis une «liberté nouvelle» d’un certain nombre de jeunes «comprenant, autrement qu’hier, que la foi n’est pas une affaire privée, qu’il faut en témoigner ensemble, qu’elle est proche de la vie commune».
Pour le président de la Conférence épiscopale, la réponse à la seconde question – que faites-vous ? – n’est pas si simple, car «il pourrait y avoir des manières de prendre en compte l’événement qui en contredisent la véritable profondeur». Les évêques, a-t-il poursuivi, doivent «se hâter lentement pour passer de l’exceptionnel au quotidien, pour inscrire l’élan dans la durée, pour proposer la foi aux jeunes, avec les jeunes».
A propos de la «Lettre aux catholiques de France», avec laquelle avait commencé l’année pastorale – et à une relecture de laquelle sera consacrée la toute première séance de la semaine -, Mgr Billé s’est dit conscient du danger d’une mise en relation facile. Il n’en a pas moins été marqué par la proximité de ce texte et de l’événement-JMJ. «S’il y a eu un moment où nous sommes allés, sous la conduite de Jean-Paul II, au coeur du mystère de la foi, pour , c’est bien le moment des «JMJ», a-t-il déclaré.
Drancy: beaucoup reste à faire
Mais l’année écoulée a comporté d’autres événements que les JMJ. Mgr Billé a d’abord évoqué la parole de repentance prononcée à Drancy, «une parole de liberté spirituelle» très fortement ressentie dans l’opinion. Encore qu’on ne peut faire «comme si le courrier reçu ensuite avait été majoritairement positif», a-t-il nuancé. «Beaucoup de chemin reste à faire», face au trouble de chrétiens quant à la sainteté de l’Eglise. Comme aussi à la difficulté de certains catholiques à saisir «ce que peut avoir d’unique la relation de l’Eglise au judaïsme», On entend des revendications du genre: «Vous n’avez pas le droit de parler de ceci, puisque vous ne dites rien de cela, et de cela».
L’antisémitisme n’est pas mort
Et Mgr Billé d’ajouter: «Je relève surtout, hélas, que l’antisémitisme n’est pas mort, et que ses arguments les plus classiques, si j’ose employer ce mot, ont toujours cours. «Après avoir évoqué encore l’Algérie – «ne je sais pas trop quoi dire» – et l’évolution des techniques dans le domaine de la génétique, Mgr Billé a évoqué quelques dossiers à l’ordre du jour, comme l’attitude face au phénomène médiatique (»Proposer la foi dans la société médiatisée»), l’islam, l’appel au ministère de prêtre diocésain, la mission et les migrations. (apic/cip/ba)




