Le refus de l’esclavage
Pakistan: Marche de protestation des paysans vers Karachi
Karachi, 6 novembre 1997 (APIC) Des centaines de paysans pakistanais, portant pancartes et bannières, ont récemment marché de la province centrale de Sindh vers Karachi, au Pakistan, pour protester contre l’esclavage et demander la libération de leurs proches.
Hindous «hari» (paysans) pour la plupart, hommes, femmes et enfants, allaient nu-pieds et vêtus de loques. Ils voulaient attirer l’attention des habitants des villes qu’ils ont traversées et des autorités sur les souffrances qui leur sont infligées par les propriétaires terriens, l’administration du district et la police.
Quand celle-ci tentait de les empêcher d’accéder à une route centrale, ils transformaient leur marche en une manifestation à laquelle un nombre important de passants assistaient pour écouter leurs revendications. Selon un militant pakistanais des droits de l’homme, près de 4’300 paysans misérables languissent dans des prisons, certains depuis 25 ans. Ces paysans sont maintenus en servage parce qu’ils n’arrivent pas à rembourser des dettes contractées par leurs ancêtres auprès de véritables «seigneurs», dont certains n’hésitent pas à torturer leurs «serfs».
L’un d’entre eux, Ganga Da, 38 ans, rapporte ainsi qu’il était contraint de manger de l’argile et était mis aux fers la nuit, avec 120 autres paysans, dont des femmes. Une femme explique que chaque fois qu’elle réclamait son salaire, son employeur la battait. «Tous les membres de nos familles, y compris les femmes et les enfants, sont contraints de travailler sur les terres qui appartiennent à des personnes qui ne nous versent aucun salaire sinon un peu de farine et des vêlements usagés», expliquent ces paysans dans un mémorandum adressé au Premier ministre du Sindh. (apic/cip/pr)




