Suisse: La Conférence missionnaire de la Suisse alémanique à Einsiedeln

Des photos de Mgr Renato Boccardo sont disponibles auprès de l’agence CIRIC à Lausanne, tél. 021 / 617 76 13 fax. 021 / 617 76 14

Massacres de réfugiés au Zaïre, les Etats-Unis interpellés

Einsiedeln, 10 novembre 1997 (APIC) La Conférence missionnaire de Suisse alémanique et rhéto-romanche et du Liechstenstein (DRL) a interpellé les Etats-Unis pour avoir observé sans réagir les massacres de réfugiés hutus rwandais dans le Kivu, à l’Est du Zaïre. Lors de sa réunion durant le week-end à Einsiedeln, la DRL a envoyé une lettre de protestation à l’ambassadrice américaine à Berne Madeleine May Kunin.

La DRL reproche aux Etats-Unis d’avoir été informés à l’avance du plan du Rwanda d’attaquer les camps de réfugiés dans la région du Kivu et d’avoir observé sans rien faire la persécution et le massacre de milliers de réfugiés hutus. Les responsables missionnaires suisses ont décidé de cette démarche auprès de l’ambassade de Berne à la suite de la publication de divers rapports qui ont montré comment en 1996 des membres de l’ethnie hutue fuyant l’avancée des troupes ont été brutalisés et massacrés par des soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) et de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Zaïre (AFDL).

S’il se trouvait parmi ces réfugiés des éléments des anciennes Forces Armées Rwandaises (FAR) et des milices «Interahamwe» qui ont participé au génocide au Rwanda, la majeure partie des personnes massacrées sont des innocents, notamment des femmes et des enfants.

Selon la Conférence missionnaire, il est évident que les Etats-Unis étaient au courant de ces plans d’extermination des réfugiés, mais ils n’ont ni protesté ni agi quand les massacres se sont passés. La DRL exige dans sa lettre à l’ambassade américaine à Berne une prise de position claire sur ces événements cruels. «Dans d’autres pays, les Etats-Unis interviennent comme défenseurs des droits de l’homme: pourquoi se sont-ils tus dans ce cas?», interrogent les responsables missionnaires. Il y a une dizaine de jours, les Missionnaires d’Afrique en Suisse, dans une démarche similaire, ont déploré que les intérêts américains – intérêts économiques et extension de la sphère d’influence des Etats-Unis dans la région – aient prévalu dans ce cas sur la défense des droits de l’homme.

L’Eglise en Afrique, «locomotive de la liberté et de la solidarité»

La rencontre de la DRL a également relevé un fait réjouissant pour les Eglises chrétiennes: «Dans de nombreux pays d’Afrique, elles sont comparables à une locomotive qui tire à pleine puissance le wagon de la société dans la direction de la liberté pour tous et de la solidarité avec tous», comme l’a souligné le Père Josef Buholzer, supérieur provincial suisse des Missionnaires d’Afrique. Le Père Blanc, qui a travaillé durant douze ans comme missionnaire en Zambie, a souhaité que l’Eglise en Suisse, qui semble plutôt assoupie sur une voie secondaire, s’inspire de l’exemple africain.

Pour le Père Buholzer, en effet, paroles et actes prophétiques de la part de l’Eglise sont tout aussi nécessaires en Suisse. Les Eglises européennes n’ont-elles pas été interpellées par le Synode des évêques d’Afrique en 1994 ? Le Synode les a priées instamment de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme définitif aux livraisons d’armes occidentales à destination des pays africains, ce qui permettrait finalement de soulager les pays pauvres des dettes contractées par des gouvernements corrompus.

La DRL, depuis deux décennies au service de l’animation et de la coordination missionnaire, est composée de délégués des diocèses et des cantons, des œuvres d’entraide et organisations missionnaires, des congrégations religieuses et des instituts de missiologie. Ils se réunissent dans le but d’échanger des informations et de planifier des actions communes. (apic/pj/wm/be)

26 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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