Enthousiasme modéré
Rome: Réactions au lendemain de la signature de l’accord entre le Saint-Siege et Israël
Rome, 11 novembre 1997 (APIC) L’accord technique sur «la personnalité légale» de l’Eglise catholique en Israël, signé lundi 10 novembre à Jérusalem par le nonce apostolique en Israël, Mgr Andrea Cordero Lanza di Montezemolo et par le vice-Premier ministre, et ministre des Affaires étrangères israélien, David Levy, a suscité des réactions nuancées du côté catholique.
Pour le P. Jaeger, médiateur dans cet accord, interrogé par Radio Vatican, il s’agit d’un «pas en avant». Le 10 novembre est donc pour lui un «jour de fête».
Pour le nonce apostolique, l’enthousiasme est modéré. Au même micro de Radio Vatican, Mgr di Montezemolo souligne que cet accord est «strictement juridique» et «technique».
Il a pour effet, en particulier, de faire dépendre juridiquement les bâtiments et personnes ecclésiastiques du droit canon de l’Eglise catholique. L’accord concerne également les oeuvres sociales et d’éducation de l’Eglise, ainsi que des fondations reconnues par l’Eglise. On compte environ 90’000 catholiques en Israël.
Cet accord, précise le nonce, vise ainsi à «normaliser» les relations entre l’Eglise catholique et l’Etat en Israël. C’est un «autre pas dans la normalisation». Restent à poursuivre dans les domaines économique, fiscal et culturel, en particulier pour les territoires palestiniens autonomes.
A propos d’un éventuel voyage de Jean-Paul II en Israël, le nonce cite le pape: «Cette visite, qu’il attend depuis longtemps, est dans son coeur, mais pas encore dans son calendrier».
Enfin, pour le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, toujours au micro de Radio Vatican, par téléphone, la situation reste difficile sur le terrain, en particulier en raison des «mesures de sécurité» prises par les autorités israéliennes. Dans ce sens, pour le patriarche, les territoires autonomes dépendent encore de «l’occupation militaire israélienne».
Sur la question de la visite du pape, le patriarche souhaite d’abord la reprise des processus de paix. Pour le moment, conclut-il, «on demande au Seigneur d’avoir pitié».
La signature d’un accord juridique était prévue dans le texte du «Fundamental Agreement» de 1993, qui a conduit à la reconnaissance diplomatique de l’Etat d’Israël par le Saint-Siège en 1994. Une Commission de travail spécialisée en vue de cet accord technique avait alors été mise en place. (apic/imed/pr)




