Les travaux entrent dans leur première phase: déjà 32 interventions

Rome: Synode des évêques pour l’Amérique

Rome, 18 novembre 1997 (APIC) Le Synode des évêques pour l’Amérique, qui se tient à Rome du 16 novembre au 12 décembre est entré dans sa première phase de travail. Chacun des 295 participants dispose de 8 minutes pour exposer sa pensée. Ce Synode réunit les évêques de tout le continent américain. Quelque 250 évêques et experts y participent.

Le 17 novembre, le rapporteur général de ce Synode, le cardinal Juan Sandoval Iniguez, archevêque de Guadalajara (Mexique) avait résumé en ces termes les finalités de ce Synode: «Promouvoir la nouvelle évangélisation dans tout le continent comme expression de communion épiscopale ; accroître la solidarité entre les différentes Eglises particulières dans les différents secteurs de l’action pastorale ; mettre en lumière les problèmes de la justice et des rapports économiques internationaux entre les nations américaines, en tenant compte des énormes différences entre le Nord, le Centre et le Sud».

La communication en langue française des interventions des évêques est assurée par un laïc canadien, le secrétaire général adjoint de la Conférence épiscopale de son pays, Gérald Baril. Selon lui, 14 des 32 premières interventions (lundi 17 novembre après-midi et mardi 18 matinée) ont porté sur la question de la «conversion», thème qui est au coeur de ce Synode pensé dans la perspective du Jubilé de l’an 2000. Trois interventions ont été consacrées au thème de «la rencontre avec Jésus-Christ». Six sur la question de la «communion» à l’intérieur de l’Eglise, et neuf sur le thème de la «solidarité». G. Baril note que les «évêques latino-américains ont plutôt parlé sur ce thème».

Opposer à la globalisation de l’économie la globalisation de la solidarité

Sur le thème de la «solidarité», une formule a été lancée par un évêque du Honduras: «s’opposer à la globalisation de l’économie par la globalisation de la solidarité». Un autre évêque a proposé le lancement d’un «nouvel ordre international fondée sur la solidarité». Un troisième a proposé une «globalisation de l’Eglise par des réunions continentales plus fréquentes pour faire face à la globalisation de l’économie».

Le thème de la dette internationale est revenu plusieurs fois et bon nombre d’évêques estiment que le Synode devra dire une parole forte à ce sujet. «Elle a augmenté de 873 % lors des 25 dernières années, et représente un poids de 1’200 dollars par habitant en Amérique latine» a expliqué un évêque de l’Equateur. Un évêque des Etats-Unis a considéré que la question de la dette et de la solidarité ne devait pas seulement être envisagée avec l’Amérique du Nord, mais «avec toute la zone industrialisée, dont l’Europe et l’Allemagne» en particulier.

Toujours sur le plan social, la question de l’urbanisation a été plusieurs fois évoquée, avec pour conséquences «l’isolement» des individus, et la nécessité de donner plus de responsabilités aux laïcs pouvant agir par capilarité dans leur milieu, sans oublier le rôle fondamental des paroisses pour mieux coller à la réalité du tissu urbain.

Dans le domaine religieux, l’intervention du cardinal Cassidy, responsable au Vatican du dialogue interreligieux a été remarquée, dit G. Baril, dans la mesure où il a encouragé les Eglises d’Amérique latine à une attitude de dialogue vis-à-vis des mouvement évangélistes qu’on dénomme trop souvent sectes alors que certains d’entre eux ne le sont peut-être pas.

Quant à l’évangélisation, un évêque a demandé que l’Eglise et ses membres poursuivent vraiment «la sainteté», «à l’image de Mère Teresa» car «seule la sainteté est capable de toucher le monde». Un autre a insisté sur l’importance «d’enrichir» la célébration du dimanche pour la rendre davantage attirante. Un autre, originaire de l’Equateur, a dénoncé les méfaits de la télévision sur la foi des fidèles proposant une «purification» des programmes. Enfin un évêque des Etats-Unis a souligné l’importance de la formation des laïcs pour qu’ils soient en mesure de survivre dans un monde où la sécularisation est croissante.

Une évangélisation qui ne va pas, selon les évêques présents, sans un échange accru entre le Nord et le Sud. En synthèse, les évêques qui ont pris la parole à ce sujet, pensent que l’Eglise des Etats-Unis et du Canada qui disposent de l’expérience et des moyens aident davantage les séminaires des Eglises du sud. En échange, les séminaristes de ces régions pourront mieux se préparer à aller évangéliser les pays du nord. Dans cet esprit, un évêque du Costa Rica, a demandé que les paroisses des pays du Nord se montrent «plus accueillantes» pour les chrétiens émigrés venant du sud, en particulier «en respectant davantage leur sensibilité et piété populaire».

G. Baril, porte-parole francophone de ce Synode estime enfin que le vrai travail va se faire dans les «circuli minores», les groupes de travail. Il faut donc attendre, selon lui, le résultat de ces travaux pour voir se dégager les grandes orientations du Synode qui n’apparaissent pas encore dans les interventions individuelles.

«C’est un bel exercice de collégialité, commente-t-il, car c’est parfois laborieux d’écouter les interventions qui se succèdent dans des langues différentes et sur des sujets totalement divers. Nos évêques apprennent ainsi à s’écouter les uns les autres».

Ce porte-parole a trouvé le pape «plutôt en bonne forme, il écoute attentivement chaque intervention note-t-il. Mardi matin, après la pause café, le pape a fait rire toute l’assistance en brandissant bien haut sa canne !» (apic/imed/pr)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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