Non pas assimiler, mais intégrer

Rome: Jean Paul II lance un appel en faveur des immigrés et des réfugiés

Rome, 21 novembre 1997 (APIC) La solidarité chrétienne n’est pas simplement de la philanthropie ou une attention naturelle à son semblable, et elle ne doit donc pas «abdiquer» devant des réaction de méfiance ou d’hostilité, souligne Jean Paul II dans son message pour la 84e Journée mondiale des migrants et des réfugiés.

La prochaine Journée mondiale des migrants et des réfugiés sera célébrée en 1998, à des dates fixées par chaque Conférence épiscopale, selon ses propres exigences pastorales. Jean Paul Il rappelle à cette occasion ce qu’implique le sens chrétien de la solidarité, en particulier envers ceux qui ont dû quitter leur patrie, souvent du fait de la violence, pour se retrouver dans des situations de plus en plus précaires.

La solidarité chrétienne envers les immigrés n’est pas à option

La solidarité chrétienne dérive de la fidélité même à l’enseignement du Christ. «Dans chaque être humain, affirme Jean Paul II, le chrétien sait qu’il rencontre le Christ, qui attend d’être aimé et servi dans ses frères, spécialement les plus pauvres et les plus nécessiteux».

S’occuper du migrant veut dire, pour un croyant, s’engager à assurer aux frères et soeurs venus de loin, une place à l’intérieur des communautés chrétiennes particulières, en travaillant afin que soient reconnus leurs droits en tant qu’êtres humains, ajoute le pape. Notant que l’accueil et la solidarité ne se réduisent pas à un «devoir humain d’hospitalité», il invite les communautés chrétiennes à collaborer avec les hommes de bonne volonté en jouant un rôle de «stimulant», au niveau national et international: «Experte en humanité, l’Eglise exerce son devoir soit en éclairant les consciences par l’enseignement et le témoignage, soit en stimulant les initiatives opportunes pour faire en sorte que les immigrés trouvent leur juste place à l’intérieur des différentes sociétés.»

Vaincre la peur

Le sort des immigrés et des réfugiés est une des priorités pastorales de l’Eglise catholique. C’est aussi un champ d’apostolat «délicat». C’est pourquoi le travail de réflexion est nécessaire. Le pape salue les efforts accomplis malgré les difficultés liées aux barrières culturelles, sociales et religieuses, mais aussi au chômage qui frappe les pays d’accueil traditionnels.

A quoi s’ajoute, constate le pape, la peur des communautés où arrivent les immigrés, la peur surtout de perdre son identité en raison de la croissance rapide de ces étrangers, de leur dynamisme démographique, des mécanismes légaux du regroupement familial et de l’embauche clandestine dans une économie dite souterraine. Le pape dénonce le danger du repli sur soi, des tensions avec l’entourage, mais aussi de la «dispersion des énergies» quand les conditions ne sont pas réunies pour une «intégration harmonieuse et pacifique», dont les conséquences peuvent être non seulement négatives, mais dramatiques.

L’insertion met en valeur la diversité

Sur les difficultés rencontrées par les immigrés dans la vie quotidienne, le pape relève l’éclatement des familles, la carence des services et la précarité. Il réclame aussi la contribution spécifique des chrétiens qui font eux-mêmes partie de ces flux migratoires, leur demandant «de ne pas se renfermer sur eux-mêmes en s’isolant du chemin pastoral du diocèse ou de la paroisse qui les accueille».

Jean Paul II demande aussi aux clercs et aux laïcs de ne pas «annuler» les caractéristiques particulières des populations qu’ils accueillent, en faveur d’une assimilation pure et simple. Il encourage au contraire une «insertion graduelle», qui mette en valeur la diversité pour construire «une authentique famille de croyants, accueillante et solidaire». Dans cette perspective, les immigrés doivent avoir des responsabilités dans le processus d’intégration, insiste le pape.

Le rôle des médias pour une plus grande compréhension des problèmes

Jean Paul II déplore la méfiance, voire l’hostilité, sans y voir «aucun motif pour abdiquer l’engagement de la solidarité et de la promotion humaine». Face aux préjugés et aux réactions émotives suscitées par l’immigration, il souligne le rôle qu’ont à jouer les médias pour favoriser une juste évaluation des situations et une plus grande compréhension des problèmes des nouveaux arrivants.

Enfin, dans la perspective du Jubilé, le pape rappelle que l’année 1998 est consacrée à l’Esprit Saint, «Esprit d’unité et d’espérance», pour en appeler à cette espérance pour un renouveau de l’esprit d’évangélisation et une nouvelle «audace» pour témoigner de la foi auprès des immigrés.

Bruxelles: un exemple d’intégration

Le document s’accompagne d’une présentation de la problématique par Mgr Cheli, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants. Ce dernier cite parmi quelques exemple précis la réaction de solidarité, en Belgique, autour de la famille Benaïssa, après l’assassinat par un pédophile de la petite Nabela. Il rappelle avec le cardinal Danneels combien cette famille venue du Maroc a donné à l’intégration une impulsion plus forte que toutes les politiques mises en place jusque-là. Il relève aussi le rôle des médias, qui en ont été les «multiplicateurs».

Publié habituellement au cours de l’été, le message est cette fois daté du 9 novembre 1997. Le pape a en effet voulu faire coïncider sa publication avec la béatification ce jour-là

de Mgr Giovanni Battista Scalabrini, qu’il appelait dans l’homélie prononcée ce jour-là le «père des migrants», une «vivante icône de la solidarité de Dieu avec les hommes».

Dans son message, le pape évoque cette grande figure d’évêque qui a su voir les besoins des Européens partis pour le Nouveau Monde et la nécessité d’une pastorale spécifique. (cip-imed/apic/be)

Coire: Le Conseil presbytéral réclame une nouvelle fois le départ de Mgr Haas

Le conflit se rallume

Einsiedeln, 21 novembre 1997 (APIC) 29 des 35 membres du Conseil presbytéral du diocèse de Coire ne voient «aucune possibilité, avec la personne de Mgr Haas, de construire l’avenir du diocèse dans la paix et l’unité». C’est du moins ce qu’écrit vendredi le doyen Martin Kopp, président du Conseil presbytéral, au surlendemain de la séance du Conseil, qui s’est tenue à Einsiedeln.

A l’instar d’autres institutions ecclésiales dans le diocèse, le Conseil presbytéral diocésain demande une nouvelle fois le départ de l’évêque contesté. Le doyen Martin Kopp affirme que ces derniers temps Mgr Wolfgang Haas aurait été «clairement» invité «de la part d’instances romaines» à entreprendre des pas pour détendre la situation.

Le Conseil presbytéral ne voit aucun signe dans ce sens, bien au contraire: les dernières nominations, en particulier des chanoines Casetti et Niederberger à la charge de vicaires épiscopaux ont provoqué une «nouvelle aggravation» du conflit dans le diocèse. Par 27 voix contre 2 et 5 abstentions, le Conseil presbytéral réuni à Einsiedeln a pressé Mgr Haas à renoncer à ces nominations.

Les membres du Conseil presbytéral dans leur majorité estiment que les deux anciens vicaires généraux sont dans une très grande mesure coresponsables du conflit qui agite le diocèse et qu’ils ne sont par conséquent «pas acceptables» comme vicaires épiscopaux. Ils affirment que le «style de direction absolutiste» de Mgr Haas continue d’être la principale cause du conflit de Coire et lui reprochent également son manque de compréhension pour les besoins pastoraux. Le Conseil presbytéral est d’avis, selon le communiqué, que Mgr Haas doit maintenant s’en aller, traduisant ainsi en acte ce qu’il avait dit au doyen Kopp juste avant la visite ad limina à Rome, à savoir qu’il était prêt à donner sa démission comme évêque de Coire. (apic/job/wm/be)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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