L’Ambiguïté de la politique européenne

Eurorégio Meuse-Rhin: Des chrétiens réclament le respect des droits des migrants

Aix-la-Chapelle, 2 octobre 1997 (APIC) Non à l’exclusion, à la privation des droits et à la criminalisation des réfugiés et des migrants. Tel est l’appel lancé par une vingtaine de prêtres, de pasteur(e)s et de laïcs, hommes et femmes, engagés aux côtés des réfugiés, réunis à Aix-la-Chapelle à l’initiative du Comité pour la défense des droits des réfugiés et migrants dans l’Eurorégio (Allemagne, Belgique, Pays-Bas). Organisée dans le cadre de l’Année européenne contre le racisme, cette rencontre, avait pour thème: «Eglise(s) sans racisme – Eglise(s) contre le racisme».

En déclarant 1997 «Année contre le racisme», l’Union Européenne a proposé cette devise: «Une seule race, la race humaine. Plusieurs couleurs et plusieurs styles». Si cette profession de foi est plus qu’un alibi ou une manifestation folklorique, la politique européenne à l’égard des migrants doit être modifiée en profondeur, estiment les participants de la rencontre d’Aix-la-Chapelle. Ils constatent que pour les Etats membres de l’Eurorégio-Meuse-Rhin, en particulier l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, «la prétention et la réalité divergent beaucoup».

Les objectifs officiels de la politique envers les migrants sont de restreindre les nouvelles arrivées et de promouvoir l’intégration des immigrés établis depuis longtemps. Une politique qui se traduit par un renforcement de la protection des frontières extérieurs de l’UE, un élargissement de la zone de protection légale (accords de Schengen) et l’application des règlements portant sur les Etats tiers et les aéroports, déclarent les participants dans un appel diffusé à l’issue de leurs travaux. «La politique des étrangers, et en particulier celle d’asile, ajoutent-ils, contredit sans ambiguïté la profession de foi verbale faite en faveur de l’intégration. Au lieu de cela, les réfugiés et les migrants sont de plus en plus discriminés et criminalisés.»

L’appel se réfère à la défense de travailler pour les migrants non-communautaires et les réfugiés, l’instauration des centres fermés et de rétention administrative, la détention des réfugiés arrivant à l’aéroport, la limitation de la liberté de mouvement, le refus de reconnaître aux femmes des raisons de fuite spécifiques, les expulsions sans préparation au retour: autant d’exemples – «d’une liste bien plus longue» – qui montrent qu’»il y a plus de mesures discriminatoires et de privation de liberté que de mesures favorisant l’accueil et l’intégration».

La responsabilité des hommes politiques

La motion invite les hommes politiques et les autorités responsables, comme tous les citoyens, à s’engager résolument à combattre le racisme et la xénophobie et à «diffuser une image positive de l’étranger» (la même demande est adressée spécifiquement aux Eglises – aux autorités ecclésiastiques et à tous les chrétiens). Les participants dénoncent les hommes politiques qui «manipulent la délinquance des étrangers, attisent des peurs incontrôlées, génèrent des images tronquées et par conséquent mettent en danger la paix sociale et la démocratie». (apic/cip/pr)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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