Voyage du pape au Brésil: «Mini conférence de presse dans l’avion papal
«Repentance» des évêques français,
Mère Teresa et «sans-terre» brésiliens au sommaire
De notre correspondant Jean-Marie Guénois, dans l’avion entre Rome et Rio
Rome/Rio de Janeiro, 2 octobre 1997 (APIC) Le pape Jean Paul II s’est envolé jeudi matin de Rome pour rejoindre Rio de Janeiro, au Brésil, où il participera du 2 au 6 octobre à Rio à la Rencontre des familles. Il s’agit de son 3e voyage au Brésil et de son 80e hors d’Italie.
Dans l’avion qui survolait l’Océan Atlantique, le pape a répondu à quelques questions des journalistes qui l’accompagnent pour cette visite pastorale. Au sommaire d’une «conférence de presse» improvisée: le Brésil, les «sans-terre» et la famille, Mère Teresa et sa béatification, l’Algérie et l’acte de «repentance» des évêques français.
Après la demande de pardon des évêques français pour l’attitude de la hiérarchie de l’Eglise catholique en France sous le régime de Vichy, pensez-vous, a interrogé le correspondant de l’Agence APIC, que ce geste puisse être élargi à l’Eglise Universelle. Et le pape de répondre: «On a déjà demandé plusieurs fois pardon pour le passé et pour les événements plus récents». Il est intéressant de noter, a dit le Jean Paul II «que c’est toujours le pape et l’Eglise catholique qui demandent pardon, et que les autres restent silencieux».
A propos de la possibilité d’un texte sur l’antisémitisme dans le cadre d’une conférence sur le thème qui aura lieu en octobre prochain au Vatican, le pape a déclaré: «On doit écouter. Il faudra ensuite décider ce qu’il convient de faire, à partir de ce qu’ils auront dit. L’attitude de l’Eglise vis-à-vis de l’holocauste est une chose claire. On ne doit pas pour autant oublier qu’il y a d’autres holocaustes».
A la question de savoir si le Vatican allait accélérer la procédure de béatification de Mère Teresa, le pape a s’est dit convaincu qu’il vaut mieux suivre la voie normale».
Le Brésil, les problèmes sociaux et les milliers de sans terre ont également été au centre de la discussion. «Le futur du Brésil de l’humanité passe par la famille, les familles brésiliennes et les familles d’Amérique latine». A propos des problèmes sociaux: Vous savez tous qu’il y a des problèmes, ceux des «sans-terre», et d’autres… Les problèmes sociaux touchent la vie des familles. Raison pour laquelle il est nécessaire de parler des problèmes sociaux».
Voyage fatiguant
Le pape a encore évoqué le drame algérien, et confié avoir rencontré mercredi au Vatican l’unique frère cistercien survivant du massacre de Tibhérine.
Paris: Journée de sensibilisation au judaïsme
Souhaiter bonne année aux frères juifs
Paris, 2 octobre 1997 (APIC) Pour la sixième année consécutive, les chrétiens de l’Ile de France sont invités à se mobiliser le 5 octobre pour une journée de sensibilisation au judaïsme. Au lendemain du nouvel an juif (Roch Hachana 2 octobre) et à la veille de la fête du pardon (Yom Kippour 11 octobre) et de la fête des tentes (Souccoth 16 octobre) les catholiques sont appelés à souhaiter, au moyen d’affiches et de cartes de vœux une bonne année à leurs frères juifs.
Affiches et cartes envoyés à tous les diocèses de France et à chaque paroisse de la région parisienne représentent Jacob et sa vision de l’échelle dressée entre ciel et terre. Elles portent l’inscription «les chrétiens souhaitent à leurs frères juifs une très bonne année.» En outre un dossier offrant des explications sur les fêtes juives et des pistes de réflexion autour des lectures du dimanche est proposé aux paroisses.
Depuis six ans cette initiative est très bien reçue par les chrétiens et par les juifs, se réjouit son auteur le Père François Thonier, délégué pour l’Ile de France du Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme. Des groupes d’amitié judéo-chrétienne et des groupes bibliques œcuméniques en sont nés.
On estime que la moitié des juifs de France, soit 350’000 à 400’000, sont regroupés aujourd’hui en région parisienne. Le père Thonier précise que 12’000 enfants juifs sont scolarisés dans les écoles juives, mais que dans certains lycée publics, comme le lycée Victor Hugo dans le quartier du Marais à Paris, la moitié des élèves sont juifs.
A propos de la déclaration du Vatican sur la Shoah, promise depuis longtemps, le Père Thonier estime qu’elle ne saurait tarder. Certains l’annoncent même pour cet hiver. Mais elle tombera forcément avant le Jubilé de l’an 2000.»Dans cette perspective, l’Eglise est appelée à demander pardon pour toutes les fautes qu’elle a commises, y compris l’enseignement du mépris, selon la formule de Jules Isaac reprise par les évêques à Drancy», relève le père Thonier. (apic/jcn/mp)




