«Affaire Haas»: Pour le Conseil fédéral, la paix confessionnelle n’est pas gravement menacée
Berne partage toutefois les préoccupations des cantons diocésains
Berne, 6 octobre 1997 (APIC) Pour le Conseil fédéral, la paix confessionnelle n’est pas gravement menacée par la situation qui prévaut dans le diocèse de Coire et les remous suscités par l’»Affaire Haas». Berne partage toutefois les préoccupations des cantons diocésains. Claudio Caratsch, l’ambassadeur suisse en mission spéciale auprès du Saint-Siège, en fera part dans le cadre d’une démarche appropriée, a fait savoir lundi le vice-chancelier de la Confédération, Achille Casanova.
Lors de sa séance du 6 octobre, le Conseil fédéral a été informé par le chef du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Flavio Cotti de sa rencontre du 25 août dernier avec les gouvernements des sept cantons du diocèse de Coire. Les représentants des cantons avaient fait part au chef du DFAE de leurs préoccupations à propos de la situation qui prévaut dans ce diocèse, «situation qui a connu une dégradation ces dernières années», a relevé lundi Achille Casanova.
Intervention diplomatique, mais pas d’ingérence dans une affaire interne à l’Eglise
«Le Conseil fédéral partage les préoccupations exprimées par les autorités cantonales. Il a décidé d’entreprendre, par l’intermédiaire de son ambassadeur en mission spéciale, une démarche diplomatique auprès du Saint-Siège pour manifester de manière appropriée ces préoccupations», a poursuivi le vice-chancelier de la Confédération. En précisant cependant que «par cette intervention, le Conseil fédéral n’entend toutefois pas s’ingérer dans une affaire relevant de la vie interne de l’Eglise».
Le Bulletin officiel du 6 octobre documente de son côté la question posée le 29 septembre dernier, au Conseil national, par la parlementaire de l’Alliance des Indépendants Verena Grendelmeier (ZH), interpellant le Conseil fédéral sur la manière dont il juge «l’attitude du pape dans l’affaire Haas après la visite à Rome des évêques suisses». La députée voulait savoir les conclusions qu’en tirent les autorités fédérales. Dans sa réponse, le Conseiller fédéral Flavio Cotti a rappelé que la récente visite «ad limina» des évêques suisses «est un événement de nature ecclésiale» et que ce n’est pas l’affaire du Conseil fédéral de prendre position à ce sujet.
Le chef du DFAE a souligné à cette occasion qu’il avait invité le 25 août dernier à Berne les représentants des sept gouvernements cantonaux concernés par le diocèse de Coire. Aux yeux des autorités des cantons diocésains, on peut en déduire que la situation s’est détériorée ces dernières années, malgré la nomination de deux évêques auxiliaires en 1993. «C’est la raison pour laquelle le Conseil fédéral a de la compréhension pour les préoccupations qu’éprouvent la population et les autorités cantonales à propos de la situation actuelle dans le diocèse», a poursuivi Flavio Cotti. En ce qui concerne «la démarche officielle de la Suisse auprès du Saint-Siège, demandée par les cantons diocésains, le Conseil fédéral décidera prochainement», a ajouté le ministre des Affaires étrangères. (apic/bo/cf/be)




