Le COE revient au lieu de sa naissance
Genève: L’an prochain à Amsterdam !
Genève,15 septembre 1997 (APIC) Il est des lieux de naissance qui vous marquent à tout jamais. Et vous donnent l’envie d’y revenir. Né à Amsterdam il y a bientôt cinquante ans, le Conseil oecuménique des Eglises (COE) a enfin trouvé le prétexte pour venir se recueillir à l’endroit où se fit entendre son premier cri: l’an prochain, rendez-vous est pris pour y célébrer son premier jubilé.
Ce cri était un appel à l’unité des Eglises. Les premiers artisans de l’oecuménisme ne pouvaient se résoudre à prier et agir en ordre dispersé, dans la plus totale indifférence envers les autres dénominations chrétiennes. La «communauté fraternelle d’Eglises», comme se définissait le COE lui-même à ses débuts, prenait le large.
Le navire œcuménique
Depuis 1948, beaucoup d’eau a passé sous les ponts d’Amsterdam. Chaque escale nouvelle a vu le navire oecuménique se charger de nouveaux passagers. De quelques dizaines à ses origines, le COE compte aujourd’hui 332 Eglises auxquelles se sont joints un nombre important de Conseils d’Eglises et, depuis l’an dernier, de mouvements et d’organisations oecuméniques. Depuis un demi-siècle que la folle équipée poursuit son aventure contre vents et marées, louvoyant entre le calme et la tempête sous des cieux tour à tour sereins et sombres, il était temps de revoir Amsterdam.
C’est à Harare (Zimbabwe), où se tiendra, du 3 au 14 décembre 1998, sa 8e Assemblée que la célébration du jubilé du COE se fera la plus bruyante et la plus joyeuse. Il est d’ores et déjà prévu que la journée du samedi 12 sera consacrée à son cinquantième anniversaire et à l’appel au «réengagement oecuménique» de ses Eglises membres. Mais il eut été dommage de ne rien prévoir à Amsterdam. C’est maintenant chose faite. Profitant d’un changement de date de l’Assemblée initialement prévue en septembre, l’idée s’est faite jour d’étaler sur plusieurs mois le temps de célébration du cinquantenaire. Et d’inaugurer ce temps à Amsterdam, les 19 et 20 septembre, par deux journées de manifestations diverses, à la fois cultuelles, culturelles et festives.
Le 19 septembre de l’an prochain, une célébration aura lieu dans l’une des plus anciennes paroisses d’Amsterdam tandis que le lendemain, une autre cérémonie se tiendra à l’invitation d’une des nombreuses communautés noires de la ville pour mieux témoigner de la diversité des Eglises aujourd’hui représentées au COE. Sans vouloir faire de l’ombre aux festivités prévues à Harare, ces journées d’Amsterdam se feront en présence des responsables d’Eglises d’Europe et éventuellement d’autres continents dans le but de donner une certaine solennité au réengagement oecuménique auquel ces mêmes Eglises sont appelées à cette occasion.
Pour prendre le relais d’Amsterdam, toutes les Eglises qui le souhaitent sont invitées à organiser à leur tour, entre septembre et décembre 98, des cérémonies du cinquantenaire sous quelques formes que ce soient.
Le jubilé biblique
La notion de jubilé tire ses racines de la Bible et plus particulièrement de l’Ancien Testament. Dans le livre du Lévitique, le jubilé vient après un temps de sept fois sept ans et termine un cycle de sept années sabbatiques. Lors du jubilé, l’Ecriture prévoit une série de mesures allant toutes dans le même sens: celui de la remise en liberté, de la remise de dettes ou d’impayés, de la remise de peines et de sanctions. Bien que rarement appliquées au pied de la lettre, ces recommandations jubilaires n’en restent pas moins symboliques de l’esprit biblique appelant à la compassion, au pardon et à la réconciliation. Sur le plan oecuménique, le jubilé se situe dans le même appel à la réconciliation, à l’oubli des querelles et des anathèmes, à l’effacement des exclusions et des excommunications de toutes sortes.
Le thème propre à l’Assemblée: «Tournons-nous vers Dieu dans la joie de l’espérance» se veut lui aussi proche de l’esprit du jubilé. Se tourner vers Dieu est un acte de mémoire: ce que Dieu a fait en son temps pour son peuple. Il convient de le faire aujourd’hui pour son «prochain» comme pour son «lointain». En retour, ce détour vers le Dieu de la Bible inspire repentance et réconciliation. Quant à la joie et à l’espérance, les pèlerins d’Amsterdam n’en manquaient pas. Et s’ils sont de retour, ce n’est que pour le temps d’une escale. (apic/eni/ba)




