Un instrument pour la rédaction de catéchismes nationaux
Rome: Publication d’un directoire général sur la catéchèse
Rome, 18 septembre 1997 (APIC) «Des crises, des insuffisances doctrinales et des expériences ont appauvri la qualité de la catéchèse», constate Mgr Dario Castrillon Hoyos, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, dans l’introduction du «Directoire Générale pour la Catéchèse», document de 320 pages, publié par sa Congrégation le 18 septembre au Vatican.
Ce document, qui remplace le «Directoire Catéchétique Général» de 1971, entend accompagner et permettre d’adapter aux nouvelles situations, le Catéchisme de l’Eglise Catholique (octobre 1992), considéré comme un précieux instrument théologico-pastoral.
Ainsi ce Directoire a-t-il une finalité pratique «immédiate» à savoir «d’aider la rédaction de Directoires Catéchétiques et des Catéchismes» nationaux ou diocésains dont on souligne l’importance décisive. S’ils sont bien faits, ces derniers sont des instruments inestimables pour la catéchèse.
Sur le fond, le Directoire insiste sur «la parfaite syntonie» (n°284) des catéchismes locaux, nationaux ou diocésains, avec le Catéchisme de l’Eglise Catholique. Ces catéchismes doivent d’ailleurs être soumis à l’approbation du Saint-Siège, à savoir de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (n°271) pour le contenu, et de la Congrégation pour le Clergé qui donne le feu vert pour la publication.
Les difficultés et les carences de l’accueil du Concile
Pour le passé, le texte ne nie pas les «carences et les difficultés de l’accueil du Concile» qui ont conduit à la rédaction du Catéchisme de l’Eglise Catholique, et ensuite de ce Directoire. «Malgré une doctrine ecclésiologique ample et profonde, le sens de l’appartenance ecclésiale s’est affaibli. On constate fréquemment une désaffection pour l’Eglise qui est souvent perçue de façon unilatérale, comme une simple institution, privée de son mystère.»
Des prises de positions partiales et opposées ont été également adoptées dans l’interprétation et dans l’application du renouvellement demandé à l’Eglise par le Concile Vatican II. De telles idéologies ont conduit à des fragmentations et ont porté préjudices au témoignage de communion indispensable pour l’évangélisation.
Ainsi l’action évangélisatrice de l’Eglise et la catéchèse doivent rechercher de façon plus décisive une solide cohésion ecclésiale. Il est donc urgent de promouvoir et d’approfondir une authentique ecclésiologie de communion, en vue de générer chez les chrétiens une profonde spiritualité ecclésiale».
Le texte évoque également une longue série de problèmes. Le premier d’entre eux, concerne «la conception de la catéchèse comme école de foi et comme apprentissage de toute la vie chrétienne, conception qui n’a pas pénétré pleinement la conscience des catéchistes».
Le second problème évoqué par le directoire est le fait que «le concept conciliaire de Tradition a une influence mineure. (…) De fait, dans beaucoup de catéchèse, la référence à la l’Ecriture Sainte est quasiment exclusive, sans que la réflexion et la vie bimillénaire de l’Eglise l’accompagne de façon suffisante.»
Troisième problème, «l’insistance sur la seule humanité du Christ sans une référence explicite à sa divinité» même si, dans des situations moins fréquentes, on insiste trop sur la divinité du Christ sans que ne ressorte suffisamment la réalité du mystère de l’Incarnation du Verbe.
Quatrième problème, les contenus des catéchismes. Le texte fait rééférence à «des lacunes dans la doctrine sur la vérité sur Dieu et sur l’homme, sur le péché et sur la grâce et sur les fins dernières». On constate la nécessité d’une formation morale plus solide. On déplore également en certaines régions la prolifération de catéchismes avec des «tendances sélectives et des accentuations qui nuisent à la nécessaire convergence dans l’unité de la foi.»
Autres problèmes : «Le faible lien de la catéchèse avec la liturgie» et, sur un plan pédagogique, «une accentuation excessive pour les méthodes et les techniques» sans prêter «une attention suffisante aux exigences et à l’originalité de la pédagogie propre de la foi». «Dans le domaine pédagogique, on n’a pas toujours exercé le discernement théologique nécessaire» constate le Directoire, qui regrette également que la mission vers les non-croyants, qui est aussi une dimension de la catéchèse, ait été négligée.
L’inculturation et la formation
Le texte se présente en cinq parties. La première partie traite de la natur de la catéchèse. La seconde partie énonce des normes et des critères pour la présentation du message évangélique. La troisième partie formule les lignes essentielles pour une pédagogie de la foi. La quatrième partie traite des destinataires de la catéchèse, avec une prise en compte des situations socio-religieuses, et la question de l’inculturation. La dernière partie s’intéresse à la question du relais dans les Eglises particulière avec une attention particulière pour la formation des personnes catéchistes.
Trois dominantes semblent émaner du Directoire. La première est une grande attention «au monde pluraliste et sécularisé» (n°193). C’est ainsi, par exemple, que l’enseignement religieux dans le cadre des écoles publiques doit «avoir un caractère plus oecuméniques et de connaissance interreligieuses communes». On précise en outre, qu’un des objectifs de la catéchèse est le dépassement de toutes les formes d’anti-sémitisme (n°199).
Cela dit, dans le chapitre sur l’inculturation, il est précisé que «les communautés chrétiennes devront établir un discernement, en assumant les richesses culturelles qui sont compatibles avec la foi, tout en aidant à soigner et à transformer les critères, modes de pensée, style de vie, qui sont en contradiction avec le Règne de Dieu» (n°109).
Seconde insistance, la catéchèse pour les préadolescents et les adolescents, avec un chapitre complet :»Combien de fois, les garçons et les filles qui reçoivent le sacrement de confirmation, s’éloignent alors de la pratique de la foi. Il faut tenir sérieusement compte, en développant un soin pastoral spécifique» à leur égard (n°181). On met par exemple en garde contre les «risques de la mémorisation mécanique» (n°167) et on favorise l’ouverture aux médias dans les méthodes pédagogiques (n°160).
Le dernier point d’insistance de ce Directoire porte sur la formation des catéchistes. «On ne s’improvise pas catéchistes» a noté Mgr Sepe, Secrétaire de la Congrégation pour le Clergé pendant la présentation du Directoire. De fait, le Directoire consacre un long chapitre à cette question, détaillant les «critères» de formation des personnes impliqués en ce domaine. (apic/imed/cip/mp)




