Développer des visions, lancer des utopies
Suisse: 13e Rencontre des Conseil pastoraux diocésains et cantonaux à St-Niklausen
St-Niklausen (OW) , 24 septembre 1997 (APIC) L’Eglise ne peut pas faire du sur-place, elle doit être capable de développer des visions d’avenir, de lancer des utopies. Tel a été le principal objet de discussion des participants à la 13e rencontre des Conseils pastoraux diocésains et cantonaux. Les délégués réunis à St-Niklausen, dans le canton d’Obwald, se sont penchés en particulier sur leur manière de contribuer à la Consultation œcuménique sur l’avenir économique et social de la Suisse.
La première partie de la rencontre a permis de dresser une image très diverse de la réalité du travail des Conseils pastoraux en Suisse. Les rapports des délégués ont montré que les Conseils sont très actifs dans leur diocèse ou leur canton. Organisée depuis une douzaine d’années par la Commission de planification pastorale de la Conférence des évêques suisses, la rencontre des Conseils pastoraux est un lieu d’échanges et de réflexion.
Face à un monde en rapide mutation, tant sur le plan économique que social ou religieux, la Commission nationale «Justice et Paix», avec le soutien des évêques suisses et de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse, a décidé de lancer une vaste consultation œcuménique sur l’avenir de la Suisse. Il s’agit en particulier d’ouvrir le débat sur les fondements éthiques de notre société, a expliqué Jean Claude Huot secrétaire de la Commission «Justice et Paix». Pouvons-nous nous mettre d’accord, tous ensemble, Suisses et étrangers, chrétiens ou non, sur des valeurs communes capables d’orienter les décisions futures ? Pouvons-nous renouveler le «contrat social». Ce débat ne doit pas se confiner aux appareils de partis politiques, des associations patronales ou syndicales ou de quelques institutions universitaires, mais s’étendre de manière la plus large possible à l’ensemble de la population. C’est dans ce sens qu’il touche les conseils pastoraux.
Elargir la consultation le plus possible
Les délégués présents à St-Niklausen ont immédiatement saisi l’occasion pour faire part de leurs propositions afin d’élargir cette consultation. On a retenu notamment la nécessité d’y engager aussi des personnes ou des organisations qui ne sont pas liées directement aux Eglises comme l’Association des entrepreneurs chrétiens, la Société des étudiants suisses ou les Fédérations des sociétés de jeunesse.
Il ne s’agit pas seulement de suggérer aux Eglises ou aux institutions qui leur sont affiliés d’offrir de bonnes conditions sociales à leurs employés ou de les inviter à lutter contre le chômage. Mais il faut aussi être capable de proposer des visions d’avenir et de les mettre en oeuvres, a relevé Alfred Dubach, de l’Institut de sociologie pastorale de St-Gall.
Plusieurs délégués ont cependant rappelé que nombre d’institutions sociales aujourd’hui indépendantes s’occupant de personnes âgées, de handicapés ou de toxicomanes sont nées dans le giron de l’Eglise. Le défi aujourd’hui est de redonner un nouvel élan à cet engagement social. «Nous sommes au début d’un processus», conclut A. Dubach. (apic/gs/com/mp)




