La FEPS dit non à l’initiative jeunesse sans drogue

Suisse: votation du 28 septembre

Berne, 13 août 1997 (APIC) Le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) plaide pour une > en matière de toxicomanie, fondée sur les notions de santé, de la qualité de la vie et d’intégration sociale. Il rejette les politiques proposées par les initiatives > (abstinence) d’une part et > (libéralisation) d’autre part.

En vue de la votation populaire du 28 septembre, la FEPS souligne que l’abstinence et le libre arbitre ne peuvent être ordonnés par l’Etat. Imposer l’abstinence correspond à une mise sous tutelle, une libéralisation totale méconnaît les dangers. La position adoptée par le Conseil et l’assemblée de la FEPS se fonde sur la dignité et la responsabilité de la personne, que Dieu assure de son amour jusqu’au plus profond de la détresse.

La > proposée par la FEPS correspond, dans ses grandes lignes, à la politique en matière de toxicomanie du Conseil fédéral, fondée sur les quatre pilliers de la prévention, de la réduction des risques, de la thérapie et de la répression. La politique en matière de toxicomanie de la Confédération, des cantons et des communes, doit répondre à plusieurs exigences : offrir une aide aux personnes dépendantes, protéger la population, lutter contre le trafic de la drogue et le crime organisé. Il ne saurait y avoir de solution simple et univoque telle que le proposent les deux initiatives > et >.

Le droit à l’assistance même sans abstinence

Pour le Conseil de la FEPS, toute personne toxicodépendante a droit à recevoir assistance et soutien : toutes les mesures aptes à protéger et promouvoir la santé, la qualité de la vie et l’intégration sociale doivent pouvoir être prises de façon coordonnée, même celles qui ne visent pas directement l’abstinence.

Une personne dépendante a besoin de sa dose, au moins provisoirement. La volonté de s’abstenir de toute consommation ou de la réduire peut s’affermir au cours d’une thérapie. En faisant de cette volonté une condition préalable, on empêcherait un certain nombre de personnes de recourir à l’assistance ou à une thérapie.

La pénalisation de la consommation de drogue aggrave la situation des personnes dépendantes. La menace de la sanction n’empêche pas la dépendance. Aux yeux de la FEPS, l’Etat et la société doivent trouver d’autres moyens pour exprimer leur désapprobation face à la consommation de stupéfiants.

Enfin la consommation de stupéfiants ne libère personne de sa responsabilité envers autrui. Quiconque cause un préjudice sous l’influence de la drogue, doit à juste titre être puni. De même, quiconque exploite des personnes dépendantes doit être poursuivi et puni. C’est là, de l’avis du Conseil de la FEPS, la tâche essentielle de la répression.

L’initiative > entend engager la Confédération sur la voie visant directement à l’abstinence et se fondant sur la répression. L’initiative s’oppose principalement à l’aide à la survie : des offres d’assistance telles que l’échange de seringues (prévention du SIDA) et la distribution contrôlée de méthadone et d’héroïne ne seraient plus possibles. Une telle restriction de l’aide est en contradiction avec les objectifs de la politique actuelle et enlève aux personnes dépendantes le peu d’espoir qui leur reste. Une telle politique est irresponsable et doit être rejetée, conclut le Conseil de la FEPS. (apic/com/mp)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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